attention au takfir



Rappel Important sur le Takfir, à lire et à relire !




Communiqué du conseil des grands savants sur la gravité de déclarer hâtivement les gens mécréants, d'organiser des attentats et tout ce que cela entraîne comme effusion de sang et destruction d'édifices




Louange à Allah, Prière et Salut sur le Messager d'Allah, ses proches, ses Compagnons et ceux qui sont guidés par son droit chemin.

L'Assemblée du Conseil des Grands Savants, dans sa quarante-neuvième séance, tenue à Taïf et datée du 02/04/1419 H., a étudié les événements ayant eu lieu dans beaucoup de pays musulmans et autres, concernant le fait de juger les gens comme mécréants et l'organisation d'attentats, et tout ce que cela entraîne comme effusion de sang et destruction d'édifices.

Vu la gravité de ce problème et les conséquences qu'il entraîne, comme l'anéantissement de vies innocentes, la destruction de biens protégés, la terreur engendrée chez les gens et l'ébranlement de leur sécurité et de leur tranquillité, l'Assemblée a décidé d'émettre un communiqué expliquant le statut de ces actes, par sincérité envers Allah et Ses adorateurs, par acquit de conscience et écartant ainsi toute ambiguïté chez ceux qui n'ont pas bien compris cette question.

Nous disons donc, par la grâce d'Allah :

1. Juger les gens comme mécréants est un avis religieux, qui ne revient qu'à Allah et Son Prophète, de même que le licite, l'illicite et l'obligatoire ne reviennent qu'à Allah et Son Prophète – Prière et Salut sur lui. Toute parole, ou action décrite comme incroyance n'est pas forcément une incroyance majeure qui exclut de l'Islam.
Ce jugement ne revenant qu'à Allah et Son Prophète, il est interdit de juger quelqu'un comme mécréant sans une preuve évidente tirée du Coran et de la Sunna. Il ne suffit donc pas seulement d'avoir un doute ou de faire une supposition, car ceci a des conséquences graves. De plus, puisque les peines légales sont repoussées au moindre doute, alors que leurs conséquences sont beaucoup moins graves que de juger quelqu'un mécréant, c'est à plus forte raison que ce jugement est repoussé lorsque subsiste un doute. C'est pourquoi le Prophète – Prière et Salut sur lui – a mis en garde contre le fait de juger une personne mécréante, alors qu'elle ne l'est pas, il a dit : « Toute personne qui dit à son frère : Ô mécréant ! L'un des deux subira cette parole : ou il a dit vrai, ou elle se retournera contre lui. » Il peut être rapporté dans le Coran et la Sunna ce qui laisse comprendre que telle parole, tel acte ou telle croyance sont de l'incroyance, sans pour autant que l'on juge mécréant celui qui les a commis, à cause d'un empêchement.

Ce jugement est identique à tout autre jugement, qui n'est complet que si toutes les raisons existent, toutes les conditions sont remplies, et s'il n'y a pas d'empêchement. Comme par exemple dans l'héritage, dont la raison est le lien de parenté, il se peut que cette raison ne suffise pas à hériter, à cause d'un empêchement, tel qu'une différence de religion entre l'héritier et le défunt. De même l'incroyance, le croyant peut y être contraint et ne pas apostasier pour autant. Le musulman peut prononcer une parole d'incroyance sous l'effet de la joie ou de la colère, ou autre, et il n'est pas mécréant pour autant, car il ne la pas fait volontairement, comme cela est rapporté dans le récit de l'homme qui dit : « Ô Allah ! Tu es mon adorateur et je suis Ton Seigneur ! » Il s'est trompé à cause de sa grande joie.

Juger hâtivement les gens comme mécréants a des conséquences très graves : leurs biens et leurs vies ne sont plus sacrés, ils n'héritent plus, leur mariage devient nul, et toutes les autres conséquences de l'apostat. Comment un croyant peut-il donc en prendre l'initiative pour le moindre doute ?

Si cela concerne les gouvernants, c'est encore plus grave, à cause de ce que cela entraîne comme rébellion et soulèvement armé contre eux, propagation de l'anarchie, effusion de sang, et corruption des gens et du pays. Ainsi, le Prophète – Prière et Salut sur lui – a interdit de faire scission contre eux « sauf si vous constatez un acte d'incroyance évident, dans lequel vous avez une preuve de la part d'Allah ». Sa parole « sauf si vous constatez » prouve que le doute ou les rumeurs ne suffisent pas. Sa parole « un acte d'incroyance » prouve que le péché ne suffit pas, aussi grave soit-il, comme l'injustice, la consommation d'alcool, les jeux de hasard, et l'accaparement des biens. Sa parole « évident » prouve que ne suffit pas un acte d'incroyance qui n'est pas clair et manifeste. Sa parole« dans lequel vous avez une preuve de la part d'Allah » prouve qu'il faut nécessairement une preuve claire, de telle sorte qu'elle soit authentique et au sens évident. Une preuve faible ou au sens vague ne suffit donc pas. Sa parole « de la part d'Allah » prouve qu'on ne tient pas compte de la parole d'un savant, quel que soit le niveau de science et de confiance qu'il ait pu atteindre, si elle n'est pas appuyée par une preuve claire tirée du Livre d'Allah ou de la Sunna de Son Messager – Prière et Salut sur lui. Toutes ses conditions prouvent la gravité de la question.

En bref, juger hâtivement les gens comme mécréants est extrêmement grave, car Allah Le Très Haut dit : {Dis : « Mon Seigneur n'a interdit que les turpitudes, apparentes et cachées, le péché, l'agression sans aucun droit, d'associer à Allah ce dont Il n'a fait descendre aucune preuve, et de dire sur Allah ce que vous ne savez pas. » (El A°râf, v.33)

2. Ce qui découle de cette croyance erronée : comme autorisation de faire couler le sang, violation de l'honneur, pillage des biens publics et privés, explosion des habitations et des véhicules, et destruction des édifices, tous ces actes et semblables sont interdits à l'unanimité des musulmans, car ils constituent une violation du droit sacré de vivre, de posséder des biens, d'être en paix et dans la tranquillité, de vivre son existence en toute sécurité et toute quiétude à son domicile, lors de ses allées et venues, et une violation des intérêts généraux, dont nulle personne ne peut se passer dans son existence.

L'Islam a préservé aux musulmans leurs biens, leur honneur, leurs corps, a interdit de s'y attaquer et a été très strict à ce sujet. Ceci fait partie des derniers conseils que le Prophète – Prière et Salut sur lui – a donnés a sa Communauté, Il dit lors de son sermon du Pèlerinage d'adieu : « Votre sang, vos biens, votre honneur, vous sont sacrés, comme sont sacrés ce jour, en ce mois, dans cette ville. » Puis il ajouta : « Ai-je transmis ? Ô Allah sois témoin ! » Rapporté par El Bukhârî et Muslim. Il dit également : « Tout le musulman est sacré pour son frère musulman : son sang, ses biens, son honneur. » Il dit aussi :« Craignez l'injustice, car l'injustice sera ténèbres le Jour de la Résurrection. »

Allah Le Très Haut a promis le pire des châtiments à celui qui tue une âme sacrée, Allah Le Très Haut dit au sujet du croyant : {Quiconque tue intentionnellement un croyant aura pour rétribution l'Enfer, dans lequel il demeurera éternellement, Allah est en colère contre lui, Il le maudit et lui réserve un immense châtiment} (Les Femmes, v.93) Allah Le Très Haut dit au sujet du mécréant qui est sous protection de l'Etat, sur le fait de le tuer par erreur : {S'il appartenait à un peuple auquel vous êtes liés par un pacte, qu'on verse alors à sa famille le prix du sang et qu'on affranchisse un esclave croyant. » (Les Femmes, v.93)
Si dans le cas du mécréant, à qui l'on a garanti la sécurité, il faut verser le prix du sang et faire une expiation, lorsqu'il a été tué par erreur, que dire alors s'il a été tué volontairement ? Le crime est d'autant plus odieux et le péché d'autant plus grave. Il est rapporté dans un hadith authentique que le Prophète – Prière et Salut sur lui – a dit : « Celui qui tue une personne sous protection de l'État, ne sentira pas l'odeur du Paradis. »

3. L'Assemblée, en démontrant le statut de juger les gens comme mécréants sans aucune preuve, ni du Livre d'Allah, ni de la Sunna de Son Messager – Prière et Salut sur lui, ainsi que la gravité de la généralisation dans ce jugement, vu ce que cela entraîne comme maux et péchés, en démontrant tout ceci, elle proclame que l'Islam est innocent de cette croyance erronée et que tout ce qui se passe dans certains pays, comme effusion du sang d'innocents, explosion des habitations, des véhicules, des installations publics et privées, destruction des édifices, tout ceci constitue des actes criminels, dont l'Islam est innocent. De même, tout musulman qui croit en Allah et au Jour dernier en est innocent. Ce ne sont que les agissements de certaines personnes aux idées corrompues, à la croyance égarée, qui supporteront seuls la responsabilité de leur péché et de leur crime, sans que cela ne soit imputé à l'Islam, ni aux musulmans bien guidés par la voie de l'Islam, qui s'accrochent au Coran et à la Sunna et se cramponnent au lien solide d'Allah. Ce n'est rien d'autre que de la pure corruption et un crime, que la législation musulmane et la saine nature humaine rejettent. C'est pourquoi, les textes de la législation musulmane sont catégoriques sur son caractère illicite, mettant en garde de ne pas fréquenter ceux qui agissent de la sorte.
Allah Le Très Haut dit : {Parmi les gens, il y celui dont les paroles dans la vie d'ici-bas te plaisent, et qui prend Allah à témoin de ce qu'il a dans le c½ur, tandis qu'il est le plus acharné des querelleurs. Dès qu'il se présente, il parcourt la Terre pour y semer la corruption et s'accager culture et bétail. Et Allah n'aime pas la corruption. Et lorsqu'on lui dit : « Crains Allah ! » il s'enfle d'orgueil dans le péché. L'Enfer lui suffira et quel mauvais séjour !}(La Vache, v.204-206)

Il est obligatoire pour tous les musulmans, où qu'ils soient, de se conseiller mutuellement la vérité, de s'entraider dans les bonnes ½uvres et la piété, dans la recommandation du bien et l'interdiction du blâmable, avec sagesse et bonne parole, et de discuter de la meilleure des façons. Comme Allah Le Très Haut dit : {Entraidez-vous dans les bonnes ½uvres et la piété, et ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression. Et craignez Allah, car Allah est dur en punition.}(La Table servie, v.2) Allah Le Très Haut dit aussi : {Les croyants et les croyantes sont alliés les uns des autres. Ils ordonnent le bien et interdisent le blâmable, ils accomplissent la Prière, ils s'acquittent de la Zakât et obéissent à Allah et Son Messager. Voilà ceux auxquels Allah fera miséricorde, car Allah est Tout-puissant et Sage. » (Le Repentir, v.71) Allah Le Très Haut dit : {Par le Temps ! L'humanité est en grande perdition, sauf ceux qui ont la foi, qui accomplissent de bonnes ½uvres, qui se conseillent mutuellement la vérité et qui se conseillent mutuellement la patience.} (Le Temps) Le Prophète – Prière et Salut sur lui – a dit : « La religion c'est la sincérité. » On lui demanda : « Envers qui, Ô Messager d'Allah ?» Il répondit : « Envers Allah, Son Livre, Son Messager, les dirigeants et l'ensemble des musulmans. » Il dit aussi : « Les musulmans sont comparables, dans leur solidarité, leur clémence et leur miséricorde mutuelles, à un seul corps : lorsqu'un seul membre se plaint d'un mal quelconque, tout le corps souffre de fièvre et d'insomnie. » Les versets et les hadiths à ce sujet sont très nombreux.

Nous demandons à Allah par Ses plus beaux Noms et Ses Attributs élevés, qu'Il écarte le mal des musulmans, qu'Il accorde la réussite à tous les dirigeants musulmans dans ce qui constitue un bien pour les hommes et le pays, et ce qui met un terme à la corruption et les corrupteurs, que par leur intermédiaire Il fasse triompher Sa religion et élève Sa parole, qu'Il arrange la situation de tous les musulmans dans le monde entier, et qu'Il fasse triompher la vérité par leur intermédiaire. Certes Il en est Le Seul Capable et Il en est parfaitement Capable. Prière et Salut d'Allah sur notre Prophète Mohammed, ses proches et ses Compagnons.

Président de l'Assemblée :

'Abdel 'Azîz ibn 'Abd Allah IBN BÂZ

# Posté le lundi 26 novembre 2007 04:30

mouqabalah

Mouqabalah ?



Un terme très en vogue depuis quelques temps : on en cherche, on en fait, on en organise... Mais on peut s'étonner d'une chose : ce mot n'apparaît pas dans les livres et les propos des savants. Après avoir interrogé des hommes de science à ce sujet, il apparaît que c'est un terme « nouveau » et qui recouvre souvent des conceptions fausses et des erreurs.

On parle de Mouqabalah ou encore Ta'ârouf, mais qu'est-ce que cela désigne ? Dans la langue arabe, ces deux termes désignent l'entretien, le faire de se présenter et faire connaissance. Dans l'application « religieuse » qu'on en fait, c'est quasiment une longue suite d'erreurs et de mauvaise compréhension de la voie légale à suivre lorsqu'on cherche à se marier.

Première grande erreur : ceux qui disent vouloir se marier ne baissent pas le regard en donnant comme argument qu'ils cherchent à voir celle qui va leur plaire.

On a interrogé shaykh Muhammad Ibn Ibrâhîm Âl As-Shaykh à propos du fait de regarder volontairement ou non des femmes qui ne se voilent pas comme il convient (Mutabarrijât).
Il répondit : « Il est interdit de regarder volontairement, en raison de la Parole d'Allah : « Dis aux croyants de baisser leur regard et de préserver leur chasteté. Cela est plus pur pour eux. Allah connaît parfaitement ce qu'ils font. » [An-Nûr : 30] Allah a fait des yeux le miroir du c½ur, ainsi si le regard est baissé, le c½ur baissera également son désir et sa volonté, et au contraire si il libère son regard, le c½ur libèrera ses désirs. Al-Fadl Ibn 'Abbâs rapporte qu'il partageait la monture du Messager d'Allah (salallahu 'alayhi wasalam) le jour du sacrifice entre Muzdalifah et Minâ lorsqu'une litière portée à dos de chameau sur laquelle était des femmes passa. Al-Fadl se mit alors à les regarder et le Prophète (salallahu 'alayhi wasalam) tourna la tête de Al-Fadl de l'autre côté. » (Al-Bukhârî et Muslim) Ibn Al-Qayyim dit dans Rawdah Al-Muhibbîn : « C'est là une interdiction de regarder les femmes étrangères, une interdiction par le geste. » Et s'il lui avait été permis de regarder, le Prophète (salallahu 'alayhi wasalam) l'aurait laissé faire. Le Prophète (salallahu 'alayhi wasalam) a dit : « Chaque enfant d'Adam (homme et femme) a une part de fornication dans laquelle il doit nécessairement tomber : les yeux dont le péché est le regard (vers ce qui est interdit), les oreilles dont le péché est l'écoute, la langue dont le péché est la parole, la main dont le péché est de toucher, le pied dont le péché est de marcher, le c½ur qui est tenté par les passions et espère, et tout cela est confirmé ou infirmé par le sexe (c'est-à-dire le passage à l'acte ou non). » (Al-Bukhârî) Il a donc commencé par la fornication de l'½il car elle est la base de la fornication de la main, du pied, du c½ur et du sexe. A travers la fornication de la langue par la parole, il a également indiqué la fornication de la bouche par le baiser, et il a fait du sexe un moyen de confirmation de tout cela par le passage à l'acte ou non. Il dit : « Et ce hadith est parmi les preuves les plus claires que l'½il désobéit par le regard, et que cela est une forme de fornication, et c'est une réponse à ceux qui permettent de regarder librement tout ce que l'on veut. » (...) [Al-Iftâ, volume 64, le 4/1/1380]

Il est donc totalement faux de prétendre que l'on peut regarder les femmes (et inversement les hommes) parce qu'on désire se marier et la règle de base est celle citée dans le verset : « Dis aux croyants de baisser leur regard et de préserver leur chasteté. Cela est plus pur pour eux. Allah connaît parfaitement ce qu'ils font. Dis également aux croyantes de baisser leur regard, de préserver leur chasteté. » [An-Nûr : 30-31] Les croyants doivent donc baisser le regard devant les femmes étrangères et les croyantes doivent elles aussi baisser le regard devant les hommes étrangers, car le regard est une flèche empoisonnée du Diable.

Le seul moment où il est permis à l'homme de regarder une femme, et inversement à la femme de regarder un homme, est lors de la Khitbah (la demande en mariage), afin de se marier. Et il y a de nombreux hadiths à ce sujet :

Jâbir Ibn 'Abdillah rapporte que le Messager d'Allah (salallahu 'alayhi wasalam) a dit : « Lorsque l'un d'entre vous veut demander une femme en mariage et qu'il peut voir d'elle ce qui l'encouragera à l'épouser, qu'il le fasse. » Jâbir dit : « Je voulais demander en mariage une jeune fille, je me cachais donc jusqu'à voir ce qui m'a encouragé à la demander en mariage et à l'épouser. » (Ahmad, Abû Dâwûd) On peut lire dans 'Awn Al-Ma'bûd (l'explication des Sunan Abû Dâwûd) : « An-Nawawî a dit : ce hadith montre l'encouragement à regarder celle que l'on veut épouser, c'est là l'avis de notre école (shaféite) ainsi que l'avis de Mâlik, Abû Hanifah, des savants de Kûfah, de Ahmad et de la majorité des savants.(...) Nos compagnons (de l'école shaféite) ont dit : il est préférable qu'il la regarde avant de venir la demander en mariage, ainsi si elle ne lui plait pas, il la laissera sans lui causer aucun tort, ce qui n'est pas le cas s'il le fait après l'avoir demandé en mariage. »

Abû Hurayrah rapporte : « J'étais aux côtés du Prophète (salallahu 'alayhi wasalam) lorsqu'un homme vint et l'informa qu'il avait épousé une femme des Ansârs. Le Prophète (salallahu 'alayhi wasalam) lui dit : « L'as-tu regardée ? » Il répondit non, il lui dit : « Vas et regarde-la, car les Ansars ont quelque chose dans le regard. » (Muslim) An-Nawawî a rapporté des propos similaires au hadith précédent puis dit : « Nos compagnons ont dit : et s'il ne peut pas la voir, qu'il envoie une femme en qui il a confiance pour qu'elle l'informe à son sujet, et cela doit se faire avant la demande en mariage, comme nous l'avons indiqué. » Dans ces deux hadiths, An-Nawawî a rapporté la divergence des savants concernant ce qu'il est permis de voir de la femme à ce moment en montrant que l'avis le plus correct est qu'il s'agit du visage et des mains.

Sahl Ibn Sa'd rapporte qu'une femme se présenta au Prophète (salallahu 'alayhi wasalam) et dit : « Ô Messager d'Allah ! Je suis venu m'offrir à toi. » Le Messager d'Allah (salallahu 'alayhi wasalam) leva les yeux vers elle, la regarda de haut en bas puis baissa la tête. » Al-Bukhârî donna pour titre au chapitre contenant ce hadith : « Regarder la femme avant de l'épouser. »

Tout cela montre la permission de regarder une femme lorsqu'on veut la demander en mariage, afin de voir chez elle ce qui va encourager au mariage. De même pour les femmes qui peuvent regarder leur prétendant. Mais cela ne peut se faire qu'à deux conditions :

La première : La volonté ferme d'épouser cette femme, et de ne la regarder que pour cela, et de même pour elle. Ainsi, si le prétendant sait que la famille de la femme refusera le mariage ou qu'elle ne lui convient pas, tous deux doivent baisser le regard. Ibn Al-Qattân a dit : « Si le prétendant sait qu'elle ne l'épousera pas, ou que son tuteur ne lui donnera pas son accord, il ne lui est pas permis de la regarder. Ceci même s'il est déjà venu la demander en mariage (à son tuteur) car le regard n'est autorisé que s'il est un moyen d'amener à la conclusion du mariage. Et s'il sait pertinemment qu'on ne le permettra pas, le regard reste sur la règle de base (qui est l'interdiction). » (An-Nadhar fî Ahkâm An-Nadhar, p.391).

La deuxième : Dès lors qu'il voit ce qui l'encourage à l'épouser, il doit cesser de la regarder, car elle est toujours pour lui une femme étrangère (jusqu'à la conclusion de l'acte de mariage 'Aqd Az-Zawaj) et que le regard n'est permis que pour amener au mariage. Ainsi, lorsqu'il est fermement décidé à l'épouser, le regard reprend son jugement de base (qui est l'interdiction), jusqu'à ce qu'il l'épouse et conclut l'acte de mariage. De même pour elle, si elle voit ce qui lui plait, elle doit par la suite baisser le regard. Shaykh Al-'Uthaymîn dit : « La vérité sur cette question est qu'il est préférable (et non obligatoire) de regarder celle qu'on va demander en mariage, sauf si on sait comment elle est, dans ce cas ce n'est pas nécessaire... » (Sharh Al-Mumti' 5/125)

Alors, nombreux sont ceux qui se disent : mais alors comment faire ? Wallahi il ne sert à rien de se mettre à la sortie des écoles, des mosquées ou ailleurs pour guetter toutes les s½urs. Au contraire, c'est un comportement de pervers qui ne fera qu'augmenter cette maladie qui s'est installée dans le c½ur. Allah ne dit-il pas : « Celui qui place sa confiance en Allah, Il lui suffit » ? Demander avant toute chose autour de soi, se renseigner et ensuite lorsqu'on sait qu'il y a une s½ur avec laquelle il y a de fortes probabilités qu'on puisse se marier et pas de difficultés insurmontables, alors dans ce cas, on peut chercher à la voir elle et seulement elle, discrètement. Rien n'a changé depuis l'époque du Prophète (salallahu 'alayhi wasalam), et la voie à suivre est exposée dans ce hadith :

Al-Mughîrah Ibn Shu'bah rapporte : « J'ai été voir le Prophète (salallahu 'alayhi wasalam) et je lui ai parlé d'une jeune fille que je voulais demander en mariage. Il me dit : « Vas la regarder car cela est plus à même de vous lier tous les deux. » J'ai donc été voir une femme des Ansars et je l'ai demandée en mariage à ses parents en leur rapportant les propos du Messager d'Allah, et ce fut comme s'ils désapprouvaient cette chose. La jeune fille entendit cela alors qu'elle était dans une pièce isolée et dit : si le Prophète (salallahu 'alayhi wasalam) t'a ordonné de regarder, alors regarde, sinon je t'implore par Allah [de ne pas le faire], comme si cela était une chose gravissime, puis elle tira le voile [qui cachait la pièce]. Je l'ai regardée puis je l'ai épousée, et aucune femme par la suite n'a atteint son rang [dans mon c½ur] alors que j'ai épousé environ soixante-dix femmes. » (At-Tirmidhî, An-Nasâ'î...)

Al-Mughîrah n'a donc pas regardé toutes les femmes de Médine, il savait qu'une jeune fille habitait à tel endroit et qu'il pouvait l'épouser. Il n'a pas demandé à un frère de demander à sa femme ou à sa s½ur s'il pourrait entrer en contact avec elle et faire connaissance avant de venir la demander en mariage ! Il n'a pas organisé de rencontre chez un frère et sa femme afin qu'il n'y ait pas mixité (comme ils prétendent) pour discuter et voir s'ils se plaisent, etc, etc... L'imagination et les ruses de Satan sont sans limite.

La facilité et la bénédiction résident uniquement dans l'obéissance à Allah, ainsi celui qui sait qu'il y a une s½ur qui cherche à se marier et qui peut correspondre à ce qu'il recherche, qu'il n'y a pas d'obstacle apparent à l'acceptation du mariage par le tuteur ou la s½ur, alors s'il peut l'observer discrètement pour être sûr qu'elle lui plaise qu'il le fasse. Ensuite (ou même s'il n'a pas pu), qu'il se rende chez le tuteur de cette s½ur (donc s'il est vivant et musulman, son père et personne d'autre) pour se présenter et faire sa demande en mariage. Shaykh Al-'Uthaymîn dit : « S'il peut la voir en se mettant d'accord avec son tuteur en disant qu'il viendra et la regardera, qu'il le fasse, sinon il peut l'épier à un endroit où il sait qu'elle passe et la regarder... [Mais il ne doit le faire que s'il sait qu'il y a de forte probabilité qu'on accepte sa demande en mariage] Comment peut-il en être quasiment persuadé ? Allah a créé à différents rangs [dans la société] : « « C'est Nous qui avons réparti entre eux leur subsistance dans la vie présente et qui les avons élevés en degrés les uns sur les autres, afin que les uns prennent les autres à leur service. » (Az-Zukhruf : 32) Ainsi si l'homme est pauvre et qu'il regarde la fille du ministre, le plus probable est qu'on n'accepte pas sa demande, ou si l'homme est vieux et sourd et qu'il regarde une belle jeune fille, le plus probable est qu'on n'accepte pas sa demande. » (Sharh Al-Mumti' 5/126-127)

Deuxième grande erreur : Cette Mouqabalah se déroule la plupart du temps sans que le tuteur de la femme ne le sache ou avant qu'il ne donne son accord pour le mariage, ce qui est une erreur comme nous l'avons vu. Les gens ont pris énormément de liberté sur cette question et se permettent d'aller voir des femmes avec « l'accord » d'un frère de cette femme ou d'une autre personne de sa famille. Ceci, alors que la règle et les propos des savants à ce sujet sont clairs : si le père de cette femme est vivant et musulman, il est le premier tuteur et on ne peut se passer de son accord à toutes les étapes de la demande, sauf s'il délègue volontairement cela. Si les membres de la famille de la femme remplissent tous les conditions, le tutorat s'applique dans cet ordre : le père, puis le grand-père, puis le fils de la femme (si elle en a déjà un), puis ses frères, puis les proches en fonction de leur degré de proximité, puis si aucun n'est apte à le faire c'est le gouverneur qui s'en charge.

On a demandé à shaykh Fawzân : est-il permis à la jeune fille de se marier sans l'accord de son père ?
Il répondit : Il n'est pas permis à la femme de se marier sans l'accord de son père, car il est son tuteur, et qu'il est plus perspicace qu'elle sur ces questions. Mais il n'est pas non plus permis au père d'empêcher sa fille de se marier avec un homme pieux qui lui convienne. Le Prophète (salallahu 'alayhi wasalam) a dit : « Si vient à vous celui dont vous agréez la religion et le comportement, mariez-le, sinon il y a aura de grandes tentations sur terre et une grande perversion. »... » (Al-Muntaqâ 2/218-219)

On ne peut délaisser l'accord du père à toutes les étapes de la demande et on ne peut se mettre d'accord sur un mariage avant qu'il ne l'ait autorisé. Combien de fois avons-nous vu des gens se voir sans en informer le père de la s½ur qui finalement refuse ce prétendant. Le regret et la frustration qui en découlent ne sont pas à imputer à ce père qui a été trompé, mais à la désobéissance à Allah qui n'amène que remords et regrets.

Certains avancent le faux argument du manque de piété ou de l'ignorance du père, alors que cela n'est pas une raison suffisante pour lui retirer son rôle de tuteur.

On a demandé à shaykh Sa'dî : quel est le jugement sur le fait de poser comme condition pour le contrat de mariage que le tuteur soit connu pour sa piété et l'absence de défauts apparents (al-'adâlah) ?
Il répondit : cette condition est rejetée par les Textes et la pratique des pieux prédécesseurs. » (Al-Fatâwâ As-Sa'diyyah, 491-492)

Shaykh Al-'Uthaymin dit à ce sujet dans Sharh Al-Mumti' que s'il fallait appliquer les règles de al-'adâlah, on ne marierait plus personne, car rares sont ceux qui parviennent à ce niveau de piété de nos jours. Il peut y avoir des cas particuliers où le tuteur perd ce statut, même s'il s'agit du père, mais il s'agit de cas bien spécifiques qui demandent d'être exposés à un homme de science.

Troisième grande erreur : le cas des s½urs converties ou de celles qui n'ont pas de tuteur. Malheureusement, elles sont peut être celles à qui cela arrive le plus, ceci en raison de la situation particulière qu'elles vivent : aucun tuteur dans un pays non musulman. Dans un pays musulman, la règle est claire : « Le gouverneur est le tuteur de celui qui n'en a pas », il se charge donc de marier celles qui ne trouvent pas de tuteur. Shaykh Al-'Uthaymîn explique que l'on désigne par « gouverneur » la plus haute autorité dans le pays, puis ceux qui le représentent, et à notre époque cela est confié au Ministère de la Justice et aux officiers publics chargés des mariages. (Sharh Al-Mumti' 5/149). Dans un pays musulman cela est donc très simple : la femme qui n'a pas de tuteur saisit le juge de la ville qui se charge d'appliquer la Législation d'Allah sur ce point, et de protéger les intérêts de la femme et lui accorder ses droits.

Mais qu'en est-il dans un pays non musulman ? L'avis le plus répandu chez les francophones est celui donné par shaykh 'Ubayd Al-Jâbirî qui dit que la femme qui ne trouve aucun tuteur doit prendre comme tuteur un homme de confiance qui se chargera de la marier de manière légale. C'est-à-dire que si un homme pieux et de bon comportement cherche à épouser cette femme, il doit se rendre chez cet homme de confiance qui procèdera au mariage. Et shaykh 'Ubayd ne dit rien de plus et est innocent de toutes les perversités que l'on peut commettre en s'appuyant faussement sur ses propos. Il ne dit pas que la s½ur peut correspondre (voire rencontrer) librement son « tuteur » pour discuter avec lui de ses choix, qu'ils peuvent organiser des « mouqabalah » avec des prétendants et bien d'autres choses encore, wallah-ul-musta'an.

Ceci dit, il faut savoir que l'avis de shaykh 'Ubayd n'est pas le seul avis parmi les hommes de science, et bon nombre d'entre eux (comme shaykh Abd Al-Mâlik Ramadani) renvoient aux autorités religieuses de la ville où réside cette s½ur pour se charger du mariage. Ceci car le « tuteur » doit veiller à marier cette femme dans les règles mais aussi à ce qu'on lui accorde ses droits. Cette question entre sous une autre beaucoup plus vaste qui est de savoir s'il existe ou non en France des autorités religieuses compétentes et qui soient la référence inévitable des musulmans sur cette question. Notre but ici n'est pas d'exposer cette question pointue, mais au moins de faire prendre conscience à tout un chacun que la plupart des compagnons ne se prononçaient pas sur les questions de mariage et de divorce tant elles sont pointues et importantes. Cela est-il si difficile, si on entre dans un cas particulier, de téléphoner à un homme de science pour qu'il nous éclaire sur notre cas bien précis. Il est possible que la s½ur est en fait un tuteur légal sans le savoir ou que l'imam de la mosquée de sa ville puisse la marier, ou d'autres possibilités encore. Il est seulement nécessaire de bien exposer sa situation avec autant de sincérité et de franchise que possible, et de se souvenir qu'un cas spécifique demande une réponse spécifique.

Quatrième grande erreur : l'exagération lors de ces Mouqabalah (voire aussi lors des Khitbah légales) en ce sens qu'il va s'agir d'une vraie rencontre et discussion entre les deux prétendants au mariage. Ceci, alors qu'aucun Texte ne le permet, bien au contraire !

Une fois de plus, on s'appuie faussement sur une parole d'un savant et en l'occurrence shaykh Al-Fawzân auquel on a demandé s'il était permis au prétendant (Khatîb) de parler au téléphone à la femme qu'il demande en mariage ?
Il répondit en disant : « Il n'y a pas de mal à ce que le prétendant parle avec elle au téléphone, si cela est fait après qu'il ait reçu l'accord du père pour le mariage (Istijâbah) et que l'on parle pour se mettre d'accord sur certains points, en fonction de la nécessité et qu'il n'y a aucune tentation en cela. Et si cela se fait par l'intermédiaire de son tuteur, cela est meilleur et plus éloigné de toute suspicion. Quant aux conversations qui ont lieu entre les hommes et les femmes, et les jeunes hommes et jeunes filles, alors qu'il n'y a pas eu de demande en mariage [auprès du tuteur, Khitbah), mais uniquement destinées à faire connaissance (Ta'âruf) comme ils disent, cela est un mal, une chose illicite et un appel à la tentation et à tomber dans la turpitude. Allah dit : « Ne soyez donc pas complaisantes dans votre langage, afin que celui dont le coeur est malade ne vous convoite pas. Et tenez un langage décent. » (Al-Ahzâb : 32) La femme ne parle à un homme étranger que s'il y a nécessité, en tenant des propos décents qui ne comportent aucune tentation et aucune suspicion. Et les savants ont indiqué que la femme ne devait pas élever la voix. Comme il apparaît dans le hadith : « Si une chose se passe dans la prière, que les hommes disent « Subhanallah » et que les femmes tapent des mains. » Ce qui montre que la femme ne doit pas faire entendre sa voix aux hommes sauf dans les situations où cela est nécessaire dans lesquelles elle doit parler avec pudeur et décence. Et Allah est plus savant. » (Al-Muntaqâ : 3/163-164)

En quoi cela est-il une permission de pratiquer ces Mouqabalah ? De discuter sur Internet ? De se rencontrer avant la demande en mariage ? De parler longuement et sans raison valable après celle-ci ??? Shaykh Fawzan dit bien que cette discussion ne peut avoir lieu qu'après la demande en mariage auprès du tuteur (Khitbah) et l'accord de principe pour le mariage du tuteur (Istijâbah). Uniquement si cela est nécessaire pour clarifier certains points, et que malgré tout il vaut mieux passer par le tuteur pour cela sans s'adresser directement à la femme !

Pour montrer à quel point les gens sont loin de la vérité et des Textes, nous traduisons ici les propos de shaykh Al-'Uthaymin qui dit après avoir montré que le prétendant peut voir le visage et les mains de la femme en présence de son tuteur, et même un peu plus s'il la guette discrètement (selon les conditions énoncées auparavant) : « Peut-il lui parler ? La réponse est non car cela provoque plus encore le désir et qu'il peut tirer une jouissance en entendant sa voix, c'est pourquoi le Prophète dit : « qu'il regarde ce qui va l'encourager à l'épouser. » et il n'a pas dit : « qu'il écoute ce qui va l'encourager à l'épouser »... (Sharh Al-Mumti' 5/126) Il est donc bon de savoir que certains savants sont d'avis qu'il n'est pas permis de parler à la femme qu'on demande en mariage tant que le contrat de mariage ('aqd az-zawâj) n'est pas conclu.

De même, il est faux de justifier ces conversations secrètes (et interdites puisque le tuteur n'en connaît pas la teneur) en disant qu'elles servent :

Premièrement à voir si on est compatible. C'est un argument fallacieux que la raison saine rejette puisque personne ne se présentera sous son mauvais jour ou en disant qu'il (ou elle) est violent, pervers et menteur. On peut d'ailleurs constater que malgré cette pratique répandue, les divorces ne sont que plus nombreux, wallah-ul-musta'ân.

Deuxièmement : à fixer des conditions. Mais les conditions du mariage doivent au contraire être connues du tuteur et des témoins, sinon comment témoigner plus tard qu'une condition n'a pas été remplie et que l'on demande pour cela l'annulation de ce mariage ?

Nous aimerions conclure ici (mais les erreurs commises sont elles plus nombreuses encore) par les propos de shaykh Al-Albânî sur cette question en raison de leur grand profit et du conseil sincère qu'ils peuvent représenter pour tous nos frères et s½urs : Écouter le shaykh

Shaykh : Oui.
Questionneur : As-Salâm 'Alaykum
Shaykh : Wa 'alaykum As-Salâm Wa rahmatullah
Questionneur : Excusez-moi, shaykh Al-Albânî est-il présent ?
Shaykh : Il est avec toi.
Questionneur : Si vous le permettez, j'aurais quelques questions.
Shaykh : Vas-y.
Questionneur : Puis-je parler au téléphone avec la femme que je demande en mariage (Khitbah) ?
Shaykh : Tu as conclu l'acte de mariage ('aqd) ou pas encore ?
Questionneur : Pas encore.
Shaykh : Cela n'est pas permis.
Questionneur : Cela n'est pas permis ?
Shaykh : Cela n'est pas permis.
Questionneur : Même si c'est pour la conseiller ?
Shaykh : Cela n'est pas permis.
Questionneur : D'accord, mais m'est-il permis de lui rendre visite et de m'asseoir avec elle en présence d'un Mahram ? (Ndt : mais toujours après la Khitbah bien sûr, c'est à dire la demande en mariage auprès du père ou tuteur légal)
Shaykh : Oui, en présence d'un Mahram, si elle se présente à toi vêtue d'un jilbab (Ndt : long vêtement que l'on porte pour sortir) et d'un voile comme lorsqu'elle sort dans la rue, sinon non.
Questionneur : Et peut-elle montrer son visage ?
Shaykh : Oui, si c'est seulement le visage.
Questionneur : Seulement le visage ?
Shaykh : Oui, et elle ne doit pas porter de robe brodée ou courte, ou d'autres choses de ce genre.
Questionneur : D'accord, et concernant notre assise, quels sont les propos qu'il nous est permis de tenir ?
Shaykh : Tu ne peux lui parler que de la manière dont tu parles aux autres femmes (étrangères).
Questionneur : D'accord, et si elle me demande une photo, puis-je lui en présenter une ou non ?
Shaykh : Et si toi tu lui demandes une photo.
Questionneur : Oui ?
Shaykh : Si tu lui demandes une photo.
Questionneur : Et bien ?
Shaykh : Cela est-il permis ?
Questionneur : Non.
Shaykh : Donc ma réponse est non.
Questionneur : Votre réponse est non ?
Shaykh : Effectivement, ma réponse est non ?
Questionneur : Et pourquoi donc ?
Shaykh : Pour quelle raison ? Pour la même raison qui te conduit à dire que tu n'as pas le droit de lui demander une photo.
Questionneur : D'accord.
Shaykh : Tu as compris ?
Questionneur : Oui, j'ai compris.
Shaykh : Si tu as compris, alors attache-toi-y.
Questionneur : Très bien. Shaykh, parfois on peut être contraint de l'appeler par téléphone, cela est-il permis ?
Shaykh : Je ne pense pas qu'il y ait de nécessité à cela.
Questionneur : Par exemple, je peux l'appeler pour lui dire que je lui rendrais visite à telle heure, cela est-il permis ?
Shaykh : Pourquoi veux-tu lui rendre visite ? Quelle est la différence entre elle et une autre femme (étrangère) ?
Questionneur : C'est-à-dire qu'il n'est pas permis de lui rendre visite ?
Shaykh : Ô mon frère ! Quelle est la différence entre elle et une autre femme (étrangère) ? Si tu la demandes en mariage, demande-la en mariage à son tuteur.
Questionneur : Mais son tuteur sera présent.
Shaykh : Si tu la demandes en mariage, demande-la en mariage à son tuteur. Et si par la suite tu as son accord pour le mariage et pour lui rendre visite en présence de son tuteur afin que tu la voies et qu'elle te voie, (cela est permis). Mais que tu lui rendes simplement visite, alors non.
Questionneur : C'est-à-dire que même après la demande en mariage (Khitbah), il n'est pas permis de lui rendre visite ?
Shaykh : Après la demande en mariage ?
Questionneur : Oui.
Shaykh : Ô mon frère, elle reste une étrangère pour toi tant que tu n'as pas conclu le contrat de mariage ('aqd az-zawâj).
Questionneur : Merci. Qu'Allah vous récompense par un bien, ô shaykh !
Shaykh : Toi de même.
Questionneur : Qu'Allah vous anoblisse.
Shaykh : Qu'Allah te préserve.. As-Salâm 'alaika
Questionneur : As-Salâm 'Alaykum
Shaykh : Wa 'alaykum As-Salâm Wa rahmatullah

En résumé, les termes Muqabalah et Ta'âruf désignent soient des actes illicites, soit des erreurs au sein d'un acte légiféré Al-Khitbah : la demande en mariage auprès du tuteur légal. Les savants parlent de Khitbah qui consistent à demander en mariage auprès de son tuteur légal une femme à propos de laquelle on sait qu'elle ne refuse pas le mariage et dont on pense que notre proposition sera acceptée. On peut dès lors essayer de la voir discrètement ou si cela n'est pas possible, envoyer une femme de confiance. Si on est alors pleinement décidé, on se rend chez son tuteur légal pour la demande en mariage, ce que l'on nomme Al-Khitbah. Si le tuteur donne son accord (Al-istijâbah), on peut demander à voir la s½ur afin qu'on puisse la voir visage découvert et qu'elle puisse elle aussi voir son prétendant. Pendant la période entre Al-Istijâbah et la conclusion du contrat de mariage ('aqd az-zawâj), les deux prétendants au mariage restent étrangers l'un pour l'autre. Certains savants sont d'avis que pendant cette période, il est permis qu'ils se parlent en présence d'un Mahram (bien entendu pubère, doué de raison, et qui ne soit pas un dépravé permettant à cette femme de tomber dans l'illicite), si cela est nécessaire, afin de mettre au point certaines choses ou fixer certaines conditions. Et ce n'est qu'à partir de la conclusion de l'acte de mariage qu'ils sont mari et femme et sont libres de se voir et se parler.

Ceci est le conseil sincère que nous pouvions adresser à nos frères et s½urs. Wallahu 'alam.

Traduit et publié par les salafis de l'Est.

# Posté le lundi 26 novembre 2007 04:24

la gravité de la fornication

La gravité de la fornication


Shaikh Husayn Al-Shaikh




L'islam est venu avec tout ce qui est bon, contenant tous les actes méritoires ; il a ordonné d'accomplir les actes élevés et généreux, et a averti contre les actes mauvais, il est venu avec tout ce qui embellit le serviteur, et tout ce qui l'éloigne des choses qui le salissent. Le prophète (salallahu' alayhi wasalam) a dit : « Allah est généreux, Il aime ceux qui sont généreux ; Il aime les actes élevés et Il déteste les actes vils » rapporté par At-Tabarani. C'est pourquoi un des plus grands buts de l'islam, est de purifier les âmes, d'implanter les actes méritoires et les bonnes qualités dans les sociétés, et de les éloigner des mauvaises actions et des grands péchés. Ainsi, l'islam a encouragé les gens à s'éloigner des envies bestiales et des comportements diaboliques. Allah a dit : « Que ceux qui ne trouvent pas les moyens de se marier observent la chasteté jusqu'à ce qu'Allah les enrichisse de Ses bienfaits », Il dit aussi : « Et qu'elles préservent leur chasteté est meilleur pour elles. Allah Audient et Omniscient ». Et dans les deux Sahih, d'après Ibn Abbass, dans l'histoire d'Abu Sufyane avec Qaysar (le roi des romains) : « Abu Sufyane dit : et il nous ordonne d'adorer Allah seul sans rien lui associer, et nous interdit d'adorer ce qu'adoraient nos pères ; il nous ordonne aussi d'accomplir les prières, de donner l'aumône, de rester chaste, de respecter nos engagements, et de respecter le dépôt ». Et At-Tirmidhi rapporte un hadith dans lequel le prophète (salallahu' alayhi wasalam) a dit : « On m'a montré les trois premiers groupes de gens qui rentreront au paradis : un martyr, un homme chaste qui préserve sa chasteté, et un esclave qui a bien adoré Allah et qui a conseillé ses maîtres ».

C'est la chasteté en islam qui règle les comportements humains en les empêchant d'aller vers la dépravation et la décadence ; il protège leurs désirs et leurs envies de la décadence et des péchés ; une chasteté qui fait apparaître la générosité humaine, la propreté et la pureté de la foi. Une chasteté qui se mélange à l'accomplissement du sens de l'honneur et de la grandeur, ainsi, les âmes se fortifient pour rester toujours dans l'accomplissement des beaux actes et des comportements élevés qui poussent à avoir de bonnes conduites et de bonnes qualités, ainsi qu'à s'élever au-dessus des choses insignifiantes et du déshonneur. L'islam encourage la chasteté pour protéger la dignité et la grandeur, pour préserver la réputation et l'honneur, ainsi l'homme garde une détermination forte, une âme courageuse, il ne devient pas l'esclave de ses passions et ne les suit pas ; mais il est élevé dans le ciel de la vertu, éloigné des vices, il retient ses passions dans la limite pour laquelle elles ont été créées selon le regard de l'islam et la compréhension de la morale.

Mes frères en islam :

Les concepts élevés de l'islam, la grande beauté de cette religion et la hauteur de ses enseignements apparaissent à celui qui est doué de raison et est clairvoyant. Celui qui regarde le monde aujourd'hui ne trouve pas la chasteté, mais le libertinage; un monde dans lequel l'homme ne connaît pas la dignité, ne donne aucune valeur à l'honneur, il a des comportements bestiaux, pratique des actes déshonorants éloignés de la grandeur, de la pudeur, du sens de l'honneur, et de la générosité. Les gens suivent les passions, commettent la fornication, ils n'ont pas de pudeur, ni de goût. Ils ne ressentent pas de jalousie pour les femmes de leur famille, ni d'aversion pour la fornication et le crime. Qu'a engendré ces libertinages ? Qu'ont été les conséquences de ces comportements qui ont anéanti les bonnes qualités, et complètement détruit la propreté et la pudeur ? Ils ont causé des problèmes sans fin, et des dégâts sans limite. Ils ont engendré une corruption sans fin, dont les mauvaises conséquences et les résultats désastreux sont sans limite, douloureux, angoissants, inquiétants, et annoncent la destruction.



Serviteurs d'Allah :

Et pour réaliser cette chasteté et transmettre la pudeur et la purification aux individus et sociétés, les lois islamiques sont venues avec ce qui garantit ces grands buts et raffermit ces nobles objectifs de différentes façons, parmi ces moyens : ses ordres fermes, ses directives, ses lois valables pour tous les croyants et les musulmans, leur ordonnant de préserver leurs sexes de l'adultère et de tout ce qui est interdit. Préserver les sexes de la fornication, purifie les âmes, protége les sociétés, fait régner la sécurité et préserve l'honneur des gens. Allah a dit : « Dis aux croyants de baisser leurs regards et de préserver leur sexe. Cela est plus pur pour eux. Allah sait parfaitement ce qu'ils font. Et dis aux croyantes de baisser leurs regards et de préserver leur sexe ». Allah a fait l'éloge de ceux et celles qui préservent leur sexe, il a mis ces qualités parmi les caractéristiques du succès, et les signes de la réussite. Allah dit : « Les croyants ont certes réussi. Ceux qui se recueillent dans leur prière. Ceux qui fuient tout verbiage. Qui s'acquittent de la zakat. Qui préservent leur sexe ». Il est rapporté dans le Sahih d'Al-Bukhari, que le prophète (salallahu' alayhi wasalam) a dit : « Celui qui me garantit de préserver ce qui se trouve entre ses jambes, et entre sa moustache et sa barbe, je lui garantis le paradis ». Et dans le Musnad, il dit (salallahu' alayhi wasalam) : « Si la femme accomplit ses cinq prières, jeûne son mois (le mois de Ramadan), préserve ses parties intimes, et obéit à son mari, on lui dira : entre au paradis par la porte que tu veux ».



Ö vous les croyants! :

La pire des choses qui déchire cette protection, et la plus horrible des choses qui détruit ce grand principe est la fornication. C'est pourquoi, elle est parmi les plus grands péchés et les actes qui conduisent le plus à la destruction. Ibn Al-Qayyim a dit : “Allah a nommé le polythéisme, la fornication et l'homosexualité, saleté et impureté dans son livre en dehors des autres péchés... (jusqu'à ce qu'il dise) : donc il n'y a pas de péché qui corrompt plus le c½ur et la religion que ces deux péchés : la fornication et l'homosexualité, car ils éloignent le c½ur d'Allah. Ainsi, s'ils pénètrent le c½ur, celui-ci s'éloigne d'Allah le Bon, vers Lequel ne s'élèvent que les bonnes choses”. Allah a mis en garde contre la fornication en montrant son interdiction et sa laideur, ainsi que ses conséquences désastreuses et destructrices; Il dit : « Ceux qui n'invoquent avec Allah aucune autre divinité, ne tuent pas la vie qu'Allah a rendue sacrée sauf dans les limites de la légalité et qui ne s'adonnent pas à la fornication. Car quiconque fait cela encourre une punition. Le châtiment lui sera multiplié le jour de la Résurrection et il y restera éternellement, couvert d'humiliation .Sauf celui qui repent à Allah et accomplit une bonne ½uvre ». Et Il dit : « Et n'approchez pas la fornication, c'est une turpitude et un mauvais chemin ».



Ö vous les croyants! :

L'adultère est contraire aux qualités des croyants et incompatible avec les comportements des bienfaisants et des pieux, Allah dit : « Le fornicateur n'épousera qu'une fornicatrice ou une polythéiste. Et la fornicatrice ne sera épousée que par un fornicateur ou un polythéiste; et cela a été interdit aux croyants ».

Et dans les deux Sahih, le prophète (salallahu' alayhi wasalam) a dit : « Celui qui commet l'adultère n'est pas croyant lorsqu'il est en train de le commettre ». Abu Dawud et d'autres rapportent: « Lorsque le serviteur commet l'adultère, la foi sort de lui et se tient au-dessus de sa tête comme une ombre, et lorsqu'il arrête, la foi retourne à lui ». Al-Hakim a authentifié le hadith, et Ad-Dhahabi l'a suivi en cela.



Serviteurs d'Allah! :

La fornication rassemble tous les maux et contient tous les méfaits. A cause d'elle, les maladies meurtrières se répandent dans la société, en la pratiquant, les malheurs surgissent de différentes manières : la descendance se mélange, le caractère noble de la famille disparaît, la bénédiction s'en va, la subsistance devient difficile à acquérir, sans parler des problèmes et de la haine que cela engendre entre les gens et des maladies et épidémies de toutes sortes qui font peur aux hommes, et aux pays, petits ou grands. Ecoutez cette parole prophétique, qui parle de ces malheurs et prévient contre ces dangers et ces problèmes, le prophète (salallahu' alayhi wasalam) a dit : « Ma communauté ne cessera d'être dans le bien tant qu'il n'y aura pas beaucoup d'enfants adultérins parmi eux; et lorsque les enfants adultérins seront en nombre, qu'ils s'attendent à ce qu'Allah leur envoie un châtiment » rapporté par l'imam Ahmad. Et Al-Hakim rapporte que le prophète (salallahu' alayhi wasalam) a dit : « Lorsque la fornication et l'usure apparaissent dans un peuple, ils ont alors mérité un châtiment »; et dans le hadith de Burayda : « Lorsqu'un peuple rompt un pacte, la mort se répand parmi eux ; et lorsque la fornication apparaît dans un peuple, Allah les fait mourir » rapporté par Al-Bazzar. Aussi dans le hadith d'Ibn 'Umar, la parole du prophète (salallahu' alayhi wasalam) : « Lorsque l'adultère apparaît dans un peuple, et qu'ils le font ouvertement, la peste et les maladies qui n'étaient pas connu de leurs ancêtres se répandent » rapporté par Ibn Majah, Al-Hakim l'a authentifié, et Ad-Dhahabi l'a suivi en cela.




Ö toi le musulman! :

Rappelles-toi que la fornication est un moment éphémère, un désir ardent et une poussée de l'instinct bestial, que sa conséquence sur toi est désastreuse, et que ses effets sont mauvais et constants. Les plaisirs s'en vont rapidement et reste la honte et la colère du Créateur, du Tout-Puissant. Dans le Sahih d'Al-Bukhari, dans le hadith qui parle du rêve du prophète , le prophète a dit : « Nous partîmes jusqu'à ce que nous arrivâmes à quelque chose qui ressemblait à un four , étroit en haut et large en bas, à l'intérieur duquel il y avait des clameurs et des voix. Il dit : nous entrâmes à l'intérieur, des hommes et des femmes nus s'y trouvaient, en dessous d'eux montaient des flammes ; lorsque les flammes arrivaient jusqu'à eux, ils hurlaient. Je dis alors : Qui sont ces gens, ô Jibril ! Il dit : ce sont ceux et celles qui commettent l'adultère ». Serviteurs d'Allah, craignez Allah, obéissez à Ses ordres et ne transgressez pas ses interdictions, vous aurez le bonheur, serez sauvés, et vous aurez le succès et la réussite.



Mes frères en Islam :

Si les moyens de l'égarement sont facilités au musulman, et comme ils sont aisés dans le monde aujourd'hui; lorsque les moyens de commettre la fornication augmentent et se diversifient, le croyant a grand besoin de garder à l'esprit qu'Allah le voit et de faire revivre la crainte d'Allah dans son c½ur. Le musulman se rappelle de la parole du messager d'Allah (salallahu' alayhi wasalam) rapportée Al-Bukhari et Muslim : « Sept catégories de personnes qu'Allah protégera sous son ombre le jour où il n'y aura pas d'autre ombre que Son ombre, et il a cité parmi eux : un homme qu'une femme belle et de bonne famille a appelé pour commettre l'adultère, et il a dit : je crains Allah ». Et réfléchis, toi qui a atteint un âge avancé, qui a passé ta jeunesse plongé dans les péchés, rappelles-toi de la gravité de la situation, et de la mauvaise fin. Le prophète (salallahu' alayhi wasalam) a dit : « Trois groupes de personnes à qui Allah ne parlera pas le jour du jugement, ne les purifiera pas, ne les regardera pas, et ils auront un châtiment douloureux : un vieil homme qui a commis l'adultère, un roi menteur, et un pauvre orgueilleux » rapporté par Muslim...





Ce qu'évoque le shaikh n'est pas lointain, il est malheureux de voir le nombre de musulmans qui tous les jours pratiquent la fornication. Personne n'est épargné : jeunes, vieux, célibataires, mariés, voilées, rasés, barbus, salafya, salafis...wallahul musta'an! Comme sont nombreux ceux qui s'adonnent à la fornication, et plus nombreux encore ceux qui sont sur cette voie faite de rencontres, de lettres, de chat, de discussions... Tous ceux qui sont aveuglés par leurs passions et shaytan et prétendent qu'en faisant cela ils n'ont aucune mauvaise pensée, qui n'ont que « de bonnes intentions », ou pire encore qui le justifient par un faux argument religieux : conférence, mariage, recherche de la science... Pensez-vous que les croyants qui commettent la fornication y sont arrivés tout de suite ? Au contraire, c'est un chemin fait de tout ce que nous avons rappelé qui amène progressivement à l'acte sexuel, comme dit le prophète (salallahu' alayhi wasalam) : « Chaque enfant d'Adam (homme et femme) a une part de fornication dans laquelle il doit nécessairement tomber : les yeux dont le péché est le regard (vers ce qui est interdit), les oreilles dont le péché est l'écoute, la langue dont le péché est la parole, la main dont le péché est de toucher, le pied dont le péché est de marcher, le c½ur qui est tenté par les passions et espère, et tout cela est confirmé ou infirmé par le sexe (c'est-à-dire le passage à l'acte ou non). » (Al-Bukhari, Muslim)... Shaikh Al-Albani cite en commentant ce hadith le grand poète égyptien Shawqi qui dit après ce hadith : « Un regard, puis un sourire, puis un salam, puis une parole, puis un rendez-vous, puis une rencontre »...Ceux qui chat sur les forums, se rencontrent, discutent longuement ensemble sont-ils des anges préservés du péché pour n'avoir que de « bonnes intentions », alors que le prophète (salallahu' alayhi wasalam) dit : « Le diable circule dans l'homme comme le sang dans les veines » et « Il n'y a pas un homme et une femme qui restent seuls sans que le troisième ne soit le diable ». Sont-ils meilleurs que les compagnons qui ont interrogé le prophète (salallahu' alayhi wasalam) sur le simple regard et qui a répondu « détourne ton regard » (Muslim). Ces frères sont-ils meilleurs que les compagnons auxquels le prophète (salallahu' alayhi wasalam) a dit : « Prenez garde d'entrer chez les femmes ! ». Ces s½urs sont-elles meilleures que les mères des croyants auxquelles Allah a ordonné de rester chez elles, de ne pas s'exhiber et de ne pas parler sans raison aux étrangers ?



L'imam 'Abderahman As-Sa'di dit à propos du verset « Et n'approchez pas de la fornication » (Al-Isra 32) : « L'interdiction de s'approcher de la fornication est plus claire encore que l'interdiction de l'acte, car cela englobe tout ce qui y amène car « celui qui fait paître (son troupeau) près du territoire réservé (interdit) peut rapidement y tomber » (Al-Bukhari, Muslim). Surtout concernant la fornication vers laquelle appellent la plupart des âmes. » (Taysir Al-Karim Ar-Rahman p.477). L'imam Ibn Kathir rapporte en explication de ce verset, un hadith rapporté par l'imam Ahmad d'après Abu Umama qui dit : « Un jeune homme est venu voir le prophète (salallahu' alayhi wasalam) et lui a dit : permets-moi la fornication. Les gens se sont alors retournés et lui ont crié dessus. Le prophète (salallahu' alayhi wasalam) lui dit : "approche!" il s'approcha, puis il lui dit : "assieds-toi". Puis il lui dit : "voudrais-tu cela pour ta mère ?" Il dit : non, par Allah qui accepterait cela pour sa mère. Il dit : "voudrais-tu cela pour ta fille ?" Il dit : non, par Allah qui accepterait cela pour sa fille. Il dit : "voudrais-tu cela pour ta s½ur ?" Il dit : non, par Allah qui accepterait cela pour sa s½ur. Il dit : "voudrais-tu cela pour ta tante maternelle ?" Il dit : non, par Allah qui accepterait cela pour sa tante maternelle. Il dit : "voudrais-tu cela pour ta tante paternelle ?" Il dit : non, par Allah qui accepterait cela pour sa tante paternelle. Puis le prophète (salallahu' alayhi wasalam) posa sa main sur lui et dit : « Ö Allah, pardonne son péché, purifie son c½ur et préserve son sexe ». Abu Umama dit : Après cela, ce jeune ne se détournait plus. »



Et vous qui commettez la fornication, l'acceptez-vous pour vos proches ? Accepteriez-vous que vos enfants soient des débauchés ? Qu'un pervers vienne séduire votre fille, la souille et s'en aille ? Le prophète (salallahu' alayhi wasalam) dit : « Vous ne serez pas véritablement croyants, tant que vous n'aimerez pas pour vos frères ce que vous aimez pour vous-mêmes. » (Al-Bukhari, Muslim).



Pour ceux qui ont commis la fornication, sachez que la porte du repentir est ouverte, et Allah dit : « Allah ne pardonne pas qu'on lui donne d'associé, en deçà Il pardonne à qui Il veut », écoutez ce que dit shaikh Al-Albani sur cette question :



Question : Le repentir sincère efface-il les grands péchés, par exemple un homme marié qui aurait commis l'adultère, et nous savons que la peine est la lapidation jusqu'à la mort (puisque c'est un homme marié), mais la peine de l'adultère n'est pas appliquée dans le pays. Le repentir sincère efface-t-il ce grand péché ? (Car la lapidation est l'expiation de ce péché devant Allah).



Réponse : Il n'y a aucun doute que le repentir sincère efface ce péché. Peut être vous rappelez-vous la parole d'Allah : « Les serviteurs du Tout Miséricordieux sont ceux qui marchent humblement sur terre, qui, lorsque les ignorants s'adressent à eux, disent : “Paix”, qui passent les nuits prosternés et debout devant leur Seigneur; qui disent : “Seigneur, écarte de nous le châtiment de l'Enfer”. - car son châtiment est permanent. Quels mauvais gîte et lieu de séjour ! Qui, lorsqu'ils dépensent, ne sont ni prodigues ni avares mais se tiennent au juste milieu. Ceux qui n'invoquent avec Allah aucune autre divinité, ne tuent pas la vie qu'Allah a rendue sacrée sauf dans les limites de la légalité et qui ne s'adonnent pas à la fornication. Car quiconque fait cela encourre une punition. Le châtiment lui sera multiplié le jour de la Résurrection et il y restera éternellement, couvert d'humiliation .Sauf celui qui repent à Allah et accomplit une bonne ½uvre, ceux-là Allah changera leurs mauvaises actions en bonnes, et Allah est Pardonneur et Miséricordieux ». Donc le repentir efface le péché, quel qu'il soit. Et vous savez que le prophète (salallahu' alayhi wasalam) a dit : « Le plus grand des grands péchés est d'associer à Allah ». Donc le polythéisme est le plus grand des grands péchés et Allah a décrit Ses serviteurs par certaines qualités : ils n'associent rien à Allah, puis ils ne tuent pas sans raison légale et ne pratiquent pas la fornication. Puis Il a rappelé que celui qui se repent et accomplit une bonne action, Allah lui pardonne et change ses mauvaises actions en bonnes actions. Donc, le polythéiste, s'il se repent, Allah lui pardonne, et la fornication vient après le polythéisme et l'assassinat, en troisième position dans le verset. Ceux qui se repentent du polythéisme, de l'assassinat, de la fornication, il n'y a aucun doute qu'Allah leur pardonne. ».



Shaikh Bazmul, lorsqu'il est venu à Paris, a répondu à une question similaire sur celui qui commet la fornication en France, que doit-il faire ? Le shaikh a répondu qu'il devait se repentir à Allah et ne pas se dénoncer, et parmi les arguments que le shaikh a donné et que le prophète (salallahu 'alayhi wasalam) a renvoyé plusieurs fois une femme qui était venue se dénoncer. Si Allah cache Son serviteur, il doit saisir cette occasion de repentir qu'Allah lui donne.



On a aussi demandé à shaikh Al-Albani :



Question : Une femme est enceinte après avoir forniqué, et l'homme avec qui elle a fait cela veut l'épouser, doivent-ils attendre qu'elle accouche ?



Réponse : oui mais c'est un péché. Ils doivent se repentir à Allah de ce qu'ils ont fait, et après cela ils peuvent se marier (après l'accouchement). » (silsila al-huda wa nur, cassette 28)



Le shaikh précise bien à d'autres moments (silsila al-huda wa nur, cassette 523) que le mariage n'est possible que si les deux personnes se sont repenties sincèrement à Allah de leur péché et qu'elles n'ont pas fait cela uniquement pour cacher leurs péchés. Et celui qui fait cela, c'est encore plus grave que la fornication.



Enfin, nous avons demandé à shaikh 'Ubayd Al-Jabiri si la femme qui avait commis la fornication devait en informer ceux qui la demandaient par la suite en mariage ? Le shaikh nous a répondu qu'elle ne devait rien dire, mais profiter du fait qu'Allah a caché son péché aux gens. Si son mari lui demande, elle doit dire que c'est en batifolant ('abth) que sa virginité est partie. Al-'abth c'est s'amuser, jouer, le shaikh veut dire ici que la femme ne doit pas dire à son mari qu'elle a péché par le passé, Allah a couvert son péché et elle doit préserver cette protection qu'Allah a mis entre elle et les gens, comme le prophète (salallahu' alayhi wasalam) a dit : « N'entrera pas au paradis celui dont Allah couvre le péché pendant la nuit et qui le matin venu, va le révéler aux gens ». Si son mari l'interroge, elle doit jouer sur les mots en disant que c'est en s'amusant que sa virginité est partie, cela pouvant aussi bien signifier le rapport sexuel, que la masturbation, ou d'autres activités (cheval, vélo...) qui peuvent conduire à une rupture de l'hymène (il y a même des femmes qui naissent sans hymène, donc cela n'a rien d'étonnant).



Nous demandons à Allah qu'Il nous préserve de la fornication et qu'Il accorde aux pécheurs un repentir sincère. Amin.

# Posté le lundi 26 novembre 2007 04:06

le comportement a avoir avec sa mére

Louange à Allah, celui qui a ordonné de faire le bien envers les parents et de leur adresser une parole respectueuse. J'atteste qu'il n'y a pas de dieu (qui mérite d'être adoré) à part Allah, unique sans associé. Tel est Allah :

﴿رَبُّكُمْ أَعْلَمُ بِمَا فِي نُفُوسِكُمْ إِنْ تَكُونُوا صَالِحِينَ فَإِنَّهُ كَانَ لِلأَوَّابِينَ غَفُورًا﴾ 

 ﴾Votre Seigneur connaît mieux ce qu'il y a dans vos âmes. Si vous êtes bons, il est certes celui qui pardonne à ceux qui se repentent. ﴿
(Le voyage nocturne, v.25)

J'atteste que Muhammad est son serviteur et son messager. Allah l'a envoyé en tant qu'annonciateur et avertisseur, que la prière et le salut d'Allah soient sur lui ainsi que sur sa famille et ses compagnons. Ceux-là qui ont été reconnaissants envers Allah ainsi qu'envers leurs parents, ceux-là même leurs efforts seront reconnus. Enfin, que la prière et le salut soient aussi sur ceux qui les ont suivis de la meilleure façon et ce jusqu'à la fin des temps.

Ô vous les frères croyants ! Je conseille, autant à vous qu'à moi, de craindre Allah U, ainsi de s'appliquer à lui obéir.

﴿ يَا أَيُّهَا النَّاسُ اتَّقُوا رَبَّكُمُ الَّذِي خَلَقَكُمْ مِنْ نَفْسٍ وَاحِدَةٍ وَخَلَقَ مِنْهَا زَوْجَهَا وَبَثَّ مِنْهُمَا رِجَالا كَثِيرًا وَنِسَاءً وَاتَّقُوا اللَّهَ الَّذِي تَسَاءَلُونَ بِهِ وَالأَرْحَامَ إِنَّ اللَّهَ كَانَ عَلَيْكُمْ رَقِيبًا﴾
﴾Ô vous les Hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d'un seul être, et a créé de celui-ci son épouse, et qui de ces deux-là a fait répandre sur la Terre beaucoup d'hommes et de femmes. Craignez Allah au nom duquel vous vous implorez les uns les autres, et craignez de rompre les liens du sang. Certes, Allah vous observe parfaitement. ﴿
(Les Femmes, v.1)

﴿ يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آَمَنُوا اتَّقُوا اللَّهَ وَقُولُوا قَوْلا سَدِيدً# يُصْلِحْ لَكُمْ أَعْمَالَكُمْ وَيَغْفِرْ لَكُمْ ذُنُوبَكُمْ وَمَنْ يُطِعِ اللَّهَ وَرَسُولَهُ فَقَدْ فَازَ فَوْزًا عَظِيمًا﴾
﴾Ô vous les croyants ! Craignez Allah et parlez avec droiture, il vous améliorera vos actions et vous pardonnera vos péchés. Celui qui obéit à Allah et Son Messager obtient certainement une immense réussite. ﴿
(Les Coalisés, v.70-71)
Il existe une personne qui ne cesse de se dévouer et de se sacrifier. Combien s'est-elle affligée pour que tu sois heureux ! Combien s'est-elle affamée pour que tu sois rassasié ! Combien a-t-elle pleuré pour que tu ries ! Combien est-elle restée éveillée pour que tu dormes ! Combien a-t-elle supporté les difficultés pour que tu sois tranquille ! Lorsque tu es heureux, elle l'est aussi, et lorsque tu es triste, elle l'est aussi. Lorsque tu es accablé par les malheurs, sa vie n'est alors que soucis. Son souhait est que tu vives heureux, content, satisfait et agréé des autres. Cette personne est une personne faible qui donne sans rien demander en retour, qui se dévoue sans attendre de remerciements. As-tu entendu parler d'une personne qui t'aime plus que ses biens ? Mais non ! Plutôt qui t'aime plus que sa vie ? Mais non ! Plutôt plus que sa propre personne ? Si, cette personne t'aime plus que sa propre personne ; cette personne n'est autre que la mère. En effet, cher serviteur musulman, cette personne est ta mère.

Ô toi -qu'Allah te préserve - médite sur ta situation lorsque tu étais enfant et remémores ta faiblesse. Ta mère t'a porté dans son ventre durant neuf mois, subissant pour toi peine sur peine. Elle te porta péniblement et accoucha dans la douleur. Plus tu te développais et plus elle s'affaiblissait. Tu lui fis subir plus que ce qu'elle pouvait supporter, tant son corps était faible et son état en fragilité extrême. Pendant l'accouchement, elle a pu percevoir la mort de ses propres yeux. Ce fut, en effet un accouchement chargé de soupirs, de gémissements, d'angoisses et de souffrances. Malgré tout, elle continua à patienter encore et encore, et lorsqu'elle t'aperçut près d'elle et te serra contre sa poitrine, et lorsqu'elle sentit ta respiration se réitérer, elle oublia ses souffrances, et fit mine d'oublier ses douleurs.

À l'heure où elle te vit, elle reposa tous ses espoirs sur toi, et vit en toi tous les plaisirs et la beauté de la vie. Ensuite, elle se consacra à ton service nuit et jour. Elle sacrifia sa santé pour te nourrir, elle s'amaigrit pour ta croissance, elle s'affaiblit pour te rendre fort. Ta nourriture fut son lait, ton foyer fut son giron, et ses deux bras te transportèrent. Elle t'entoura (d'affection) et prit soin de toi. Elle restait affamée pour te rassasier et restait éveillée pour que tu dormes. Elle fut clémente et tendre avec toi. Si jamais elle s'absentait, aussitôt tu la demandais, et lorsqu'elle se détournait de toi, aussitôt tu l'appelais à l'aide, et lorsque te touchait un mal, aussitôt tu l'appelais au secours. Tu avais l'impression qu'elle détenait tout le bien. Tu t'imaginais que le mal ne pouvait pas t'atteindre lorsqu'elle te serrait contre sa poitrine ou lorsqu'elle portait le regard sur toi. Elle te préférait à elle-même en se privant de la nourriture et du repos pour les mettre à ta disposition.


Quand ton sevrage fut mené à son terme au bout de deux années, et au moment où tu commenças à marcher, elle fit cercle autour de toi avec une grande prévenance, en te suivant du regard et en restant toujours derrière toi, de peur qu'un mal te touche. Puis lorsque tu grandis, son espoir en toi grandit également. Elle considère ton bonheur plus cher que les biens de cette vie, quand bien même ils lui auraient été entièrement proposés. Toutes choses sont possibles pour ton confort, même sa propre personne n'a plus grande valeur. En effet, elle préférerait choisir la mort pour que tu vives en bonne santé.

Ahmad, An-Nassâï, et Ibnu Mâjah rapportent d'après Mou'âwiya As-Soulamy t qui a dit : « Je suis allé chez le Messager d'Allah et je lui dis : Ô Messager d'Allah ! Je veux accomplir le djihad en ta compagnie, cherchant par là le Visage d'Allah et la demeure de l'au-delà. » Il rétorqua alors : « Malheur à toi ! Ta mère est-elle toujours vivante ? » Je répondis : « oui. » Il dit ensuite : « Retourne près d'elle et sois bon envers elle. » Ensuite, je vins lui parler de l'autre coté, et je lui répétai : « Ô Messager d'Allah ! Je veux accomplir le djihad en ta compagnie, cherchant par là le Visage d'Allah et la demeure de l'au-delà. » Il rétorqua alors : « Malheur à toi ! Ta mère est-elle toujours vivante ? » Je répondis : « oui, ô Messager d'Allah ! » Il dit ensuite : « Retourne donc près d'elle et sois bon envers elle. » Enfin, je me tins face à lui pour lui parler, et je lui réitérai : « Ô Messager d'Allah ! Je veux accomplir le djihad en ta compagnie, cherchant par là le Visage d'Allah et la demeure de l'au-delà.» Il rétorqua alors : « Malheur à toi ! Ta mère est-elle toujours vivante ? » Je répondis : « oui, ô Messager d'Allah ! » Il dit ensuite : « Malheur à toi ! Agrippe-toi à ses pieds, c'est là que se trouve le paradis. » Mais si ! Je jure par le Seigneur de la Kaaba, ceci est bel et bien le paradis : « Agrippe-toi à ses pieds, c'est là que se trouve le paradis.»

Muhammad Ibnu Al-Mounkadir a dit : « J'ai passé ma nuit à titiller les pieds de ma mère, alors que mon frère Omar a passé la sienne en prière ; sa nuit ne me comblait pas autant que la mienne. »

D'après Ibnu Omar t qui a dit : « Un homme, est venu voir le Messager d'Allah et dit : Ô Messager d'Allah ! Je suis venu pour accomplir le djihad en ta compagnie, cherchant par là le Visage d'Allah et la demeure de l'au-delà. Je suis venu auprès de toi en laissant derrière moi mes parents pleurants. » Il dit alors : « Retourne les voir, et fais-les rire comme tu les as fait pleurer. » Rapporté par Ibnu Mâjah et authentifié par Al-Albâny.

D'après Anas Ibnu Nadr Al-Achja'y qui dit : « Une nuit, la mère de Ibnu Mass'ûd (qu'Allah l'agrée) lui demanda de l'eau. À son retour, il lui apporta de l'eau, mais il la trouva en plein sommeil. Il resta immobile auprès d'elle jusqu'au petit matin.»

De même, lorsqu'Abu Mûssa Al-Ach'ary et Abu 'Amir vinrent voir le Messager d'Allah, ils lui firent allégeance et se convertirent à l'islam, ensuite le Prophète r leur demanda : « Qu'est devenue une des femmes de votre tribu qu'on prénomme unetelle... ? » Ils répondirent : « Nous l'avons laissée chez elle. » Le Prophète r dit : « (Sachez) qu'Allah lui a absout ses péchés. » Ils dirent : « Pour quelle raison, ô Messager d'Allah ? » Il répondit : « Pour sa bonté envers sa mère. » Le Prophète r dit ensuite : « Un jour, alors que sa mère était une très vieille dame, un envoyé est venu les avertir qu'un ennemi s'apprêtait à les envahir. Dès lors, elle porta sa mère sur son dos, puis lorsqu'elle fatiguait, elle la reposait, en plaçant le flanc de sa mère contre son ventre et en plaçant ses pieds sous les pieds de sa mère craignant qu'elle se brûle, car le sol était brûlant, et ceci, jusqu'à ce qu'elle soit sauvée. » Rapporté par Abdarrazzâq dans son recueil.

Cette mère, ô toi qui souhaites la réussite, agrippe-toi donc à ses pieds, c'est là que se trouve le paradis. En effet, Ibnu Omar t a dit à une personne : « as-tu peur de pénétrer en enfer et aimerais-tu entrer au paradis ? » Il répondit : « oui. » Il lui dit : « Sois bon envers ta mère. Je jure par Allah que si tu lui adresses des paroles douces et tu la pourvois en nourriture, alors tu entreras certainement au paradis, mais ceci, tant que tu éviteras celles qui ont les conséquences regrettables. » cela signifie les péchés capitaux (les péchés qui mènent à la perdition).

La bonté est la vertu des pieux et la conduite des connaisseurs. Ibnu Al-Hassan At-Tamîmy a voulu tuer un scorpion, mais il pénétra dans un trou. Il y introduisit ses doigts à sa suite puis le scorpion le piqua. On lui demanda le pourquoi de son geste, il répondit : « J'ai craint qu'il ressorte et qu'il pique ma mère. »

Muhammad Ibnou Sîrîne a dit : « le prix du palmier atteignit mille dirhams au temps d'Othmâne Ibnu 'Affâne t. Oussâma Ibnu Zaïd t opta pour un palmier et l'acheta. Ensuite, il l'évida pour en extraire son c½ur (c½ur de palmier) qu'il donna à manger à sa mère. On lui dit : « Qu'est-ce qui t'a amené à faire cela sachant que le prix du palmier a atteint mille dirhams ?! » Il rétorqua : « Ma mère me le demanda, et il n'y a pas une chose qu'elle me demande et que je peux accomplir, sans que je le lui ramène. »

La mère d'Abbullah Ibnu 'Awne l'appela et il haussa la voix sur elle. Il affranchit deux esclaves (à cause de son geste). De même, Zîne Al-'Abidîne était la plus bienfaisante des personnes envers sa mère. Malgré cela, il ne mangeait pas avec elle dans un même plat. On lui demanda : « tu es la personne la plus bienfaisante envers ta mère, pourtant on ne te voit pas manger avec elle dans un même plat ?! » Il rétorqua : « J'ai peur que ma main s'empresse de prendre un aliment sur lequel elle a des vues, et par ce geste, je lui aurais désobéi. Sachez qu'il y a encore très peu de temps, il y avait une communauté chez laquelle on ne trouvait pas de personnes qui habitent à l'étage au-dessus alors que leurs mères habitaient à l'étage au-dessous. »


Ce paradis, ô toi qui le demandes, agrippe-toi donc aux pieds de ta mère, c'est là qu'il se trouve. At-Tirmidhî rapporte un hadith qu'il a authentifié d'après Abu Dardâ' t qui a dit : j'ai entendu le Messager d'Allah dire : « le géniteur est la porte centrale du paradis. Si tu veux, égare cette porte ou bien préserve-la. » On trouve également dans Sahîh At-Tirmidhy d'après Abdullâh Ibnu 'Amr t, d'après le Prophète r qui dit : « L'agrément du Seigneur (est acquis) par l'agrément du géniteur, et le mécontentement du Seigneur (est contracté) par le mécontentement du géniteur. »

Ibnu 'Abâss t a dit : « il n'est pas de musulman qui possède des parents musulmans et par qui il espère la récompense d'Allah par le bon comportement, sans qu'Allah lui ouvre deux portes (c.-à-d. du paradis), et s'il lui reste un seul des deux parents, alors une porte lui sera ouverte. À l'inverse, s'il contrarie un de ses parents, Allah ne sera satisfait de lui que lorsque ce parent sera satisfait de lui. » On lui répliqua : « Ceci même si ses parents sont injustes (envers lui). » Il répondit : « Oui, même s'ils sont injustes. »
Il est mentionné dans une poésie :

Ta mère, si tu savais, détient sur toi un droit éternel !
Tout ce que tu as fait pour elle est peu de chose en parallèle.

Combien de nuits s'est-elle plainte sous le faix de la grossesse !
Sa souffrance fit jaillir lamentations et cris de détresse.

Tu ne peux t'imaginer l'accouchement dans la douleur, Accablée d'atroces tiraillements qui lui arrachent le c½ur !

Elle t'a si souvent purifiée de ses propres mains, Cette mère dont le giron t'offrit un repos serein.

Elle sacrifiait tout pour toi lorsque tu te lamentais, Et en son sein une boisson pure dont tu te nourrissais.

Combien s'est-elle affamée par compassion et tendresse  T'offrant son pain quotidien pendant ta prime jeunesse.

Tu l'as perdue lorsque par ignorance tu as mal agi, Tu as trouvé le temps long, mais si courte est la vie !

Misère à celui qui possède toute sa raison et suit son bon vouloir,
Dont le c½ur est aveugle et ses yeux ne le privent pas de voir !

Prends garde et convoite ses nombreuses prières, Car ses invocations te sont plus que nécessaires...
Ibnou Omar t vit un homme yéménite tourner autour de la maison (sacrée) portant sa mère derrière son dos. Cet homme dit : « Je suis pour elle un doux chameau, si d'autres montures se fatiguent de ton poids, moi je ne m'en lasse pas. Allah est mon Seigneur, plein de majesté et il est le plus grand. Je l'ai portée plus qu'elle ne m'a porté. Trouves-tu, ô Ibnu Omar, que je lui ai bien rendu (le bien qu'elle m'a donné) ? » Il répondit : « Non, même pas le moindre gémissement (que tu lui as fait subir) ! »

Il y a non seulement ce qu'on a mentionné, mais, être bon envers sa mère a pour conséquence l'expiation des grands péchés. L'imam Ahmad a dit : « être bon envers ses parents a pour conséquence l'expiation des grands péchés. » On interrogea Ibnu 'Abbâss t au sujet d'un homme qui a tué sa femme. On lui demanda : « comment pouvait-il se repentir ? » Il répondit : « Si ses parents sont vivants, qu'il soit bon envers eux tant qu'ils sont encore en vie ; peut-être qu'Allah lui pardonnera. » Il donna la même réponse pour le repentir de celui qui étudia la sorcellerie.

Ô communauté des croyants, combien le musulman a-t-il passé d'heures à rendre service à ses parents ! Par ce geste, Allah U lui a pardonné ses péchés, ses fautes et le libéra des soucis et des chagrins. Combien de fils bienfaisants et de filles bienfaisantes qui quittent leurs parents en les ayant salués ou après leur avoir adressés de douces paroles ou après leur avoir offerts un modeste présent, ont vu les portes du ciel s'ouvrirent de par les invocations exaucées de leurs faibles parents âgés.

Craignez donc Allah au sujet de vos parents, notamment s'ils ont atteint la vieillesse et leurs os se sont affaiblis et leurs têtes se sont garnies de cheveux blancs. Mais aussi, s'ils ont atteint un stade où ils te regardent comme celui qui attend une bouchée rassasiante de nourriture ou un petit don gratifiant.

Malgré le grand amour, l'affection et l'effusion de tendresse des parents envers leurs enfants, on voit et on entend tant de situations de désobéissance, d'ingratitude, de surprenantes méchancetés, de brutalités terrifiantes, de maltraitances et de mauvaises relations. Des situations telles, que si une personne n'avait pas pris connaissance de quelques-unes d'entre elles, et n'en avait pas entendu d'autres de gens de confiance, elle démentirait tout cela fort sévèrement et ne lui serait jamais venue à l'esprit que cela est bien véridique et bien réel.

Justement, voilà un père et une mère qui vinrent au Centre de la Police des M½urs, les suppliant de les sauver de qui ??? De leur fils. Ce fils rouait de coups ses parents matin et soir. Il n'y a pas un jour qui passait, disait la mère, sans qu'il la tape d'abord, pour ensuite s'en prendre au père. Tristement, des histoires aussi malheureuses sont nombreuses.

Voici la lettre d'une mère meurtrie qu'elle adresse à son fils bien-aimé. Cette pauvre mère, après avoir fait son éducation, veillée les nuits pour lui, sacrifiée sa vie et son bonheur pour sa cause, et organisé son mariage avec une des jeunes filles, s'est vue soudainement reniée par ce dernier en lui désobéissant et la rejetant.

Elle dit dans un extrait de sa lettre : « Mon fiston, il y a maintenant vingt-cinq ans, ce fut dans ma vie une rayonnante journée lorsque le médecin m'informa que j'étais enceinte. Tu sais, mon fils, les mères maîtrisent bien le sens de ce mot, c'est à la fois un mélange de joie et de bonheur, avec le début de la fatigue et les changements psychologiques et physiologiques.

Après cette bonne nouvelle, je t'ai porté dans mon ventre pendant neuf mois mon fils, tout en étant heureuse et enjouée. Pourtant, je me levais péniblement, je dormais difficilement, je mangeais à contrec½ur, et je respirais malaisément. Malgré tout, cela n'a jamais affaibli l'amour que je te porte et la joie de t'avoir. Au contraire, plus les jours passaient et plus mon amour pour toi ne cessait de se développer et le désir de te voir grandissait. Je t'ai porté, mon fils, subissant pour toi peine sur peine et douleur sur douleur. Cependant, j'étais heureuse, heureuse chaque fois que je ressentais dans mon ventre un de tes mouvements. Je me réjouissais lorsque tu prenais du poids bien que la grossesse me soit pénible. C'est en effet une longue fatigue.

Après cela, l'aube de cette fameuse nuit est arrivée, cette nuit où je n'ai pas dormi, où je n'ai pas pu fermer l'½il. Cette nuit, j'ai été secouée par les douleurs, les difficultés, l'anxiété et la peur. Une situation telle qu'il est impossible de la décrire par écrit ou même oralement.

Je jure par Allah mon enfant, à maintes reprises, j'ai perçu la mort de mes propres yeux jusqu'à ce que tu viennes au monde. Tes larmes de naissance se sont mêlées à mes larmes de joie, et toutes mes douleurs et mes blessures disparurent. Mon cher fils, pendant des années de ma vie je t'ai porté dans mon coeur, je t'ai lavé de mes propres mains, mon giron fut ton lieu pour dormir et de ma poitrine tu prenais ta nourriture. J'ai veillé mes nuits pour que tu dormes, et durant mes jours, je me suis fatiguée pour ton bonheur. Mon seul souhait est de pouvoir entrevoir ton sourire et ma joie de tout instant est que tu me demandes de te préparer quelque chose. Ceci était mon bonheur extrême. Je demeurais ainsi pendant toutes les nuits et les jours qui s'écoulèrent. Je demeurais une servante sans reproche, une nourrice ininterrompue et une travailleuse sans relâche. Ceci jusqu'à ce que tu aies atteint ta maturité et ta pleine croissance, et jusqu'à commencer à voir en toi les signes de la virilité.

Donc, je me suis précipitamment mise à courir ici et là pour te trouver la femme que tu demandais. Puis vint le jour de ton mariage. Mon c½ur déchiré, alors mes larmes coulaient, car j'étais d'une part heureuse de contempler ta nouvelle vie de bonheur, mais d'autre part, j'étais triste de te quitter. Ensuite, les heures s'écoulèrent lentement, mais brusquement tu n'étais plus le fils que j'avais connu auparavant. Soudainement, tu m'as rejeté et tu as feint d'oublier mes droits sur toi, les jours passent sans que je te voie, ni t'entende. Tu as feint d'ignorer celle qui t'a présenté le meilleur service. Mon enfant, je ne demande rien de plus que de me compter parmi les membres de tes plus lointains amis et parmi ceux que tu rencontres le moins souvent.

Mon tendre fils, fais en sorte de m'accorder chaque mois une place dans ta vie, pour te voir ne serait-ce que quelques minutes. Mon cher fils, sache que mon dos s'est courbé, mes membres sont tremblotants, les maladies m'ont exténuée et le dépérissement m'a frappée. En effet, je ne me lève que difficilement et ne m'assieds que péniblement. Malgré tout, mon c½ur ne cesse d'être animé par ton amour. Si un jour une personne te montre du respect, tu t'empresserais de la remercier pour avoir bien agi et pour le bienfait reçu, alors que dire de ta mère – que mon Seigneur te garde !-- qui a été bonne envers toi, d'une bonté que tu ne conçois pas et d'une bienfaisance à laquelle tu es ingrat. Cette mère qui était aux petits soins avec toi et s'est occupée de toi des années successives ; cette mère qu'a-t-elle donc récoltée comme récompense et qu'a-t-elle obtenue en compensation ?! Comment en es-tu arrivé à être aussi insensible et comment le temps a-t-il autant agi sur toi ?!

Mon fils chéri, chaque fois qu'on m'apprend que tu es heureux dans ta vie, ma joie et ma réjouissance redoublent. Cependant, je suis étonnée par ton comportement alors que tu es le produit de mes mains. Je me pose la question : quel crime ai-je commis pour être devenue ton ennemie, pour ne plus vouloir venir me voir et pour te montrer réticent à mon égard ?! Pourtant, je ne vais pas me plaindre de toi (auprès d'Allah) et je ne vais pas communiquer ma tristesse (à Allah), car si jamais elle s'élève au-dessus des nuages et monte jusqu'aux portes du ciel, alors le malheur te frappera pour avoir été ingrat (envers moi), le châtiment t'atteindra, et l'adversité s'installera dans ta propre maison. Non ! Je ne le ferai pas, car tu es toujours — ô mon enfant — le fruit de mes entrailles, le doux parfum de ma vie, et le plaisir de mon existence.

Réveille-toi mon fils, la vieillesse n'est plus si lointaine, les années passeront et tu deviendras un vieux père à ton tour, mais sache que la peine est proportionnée à la faute. À ton tour, tu écriras à ton fils en pleurs de la même façon que je t'ai écrit. Certes, les litiges seront jugés par Allah. »

Crains Allah au sujet de ta mère, sèche ses larmes, et allège sa souffrance. Ensuite si tu le désires, déchire donc sa lettre, mais sache que quiconque fait une bonne ½uvre, c'est pour son bien, et quiconque fait le mal, il le fait à ses dépens. [..]

D'après Zaïd qui demanda à Hassan Al-Bassry : « Qu'en est-il de l'invocation des parents pour leur enfant ? » Il répondit : « c'est pour lui sa délivrance. » J'ajoutais : «  Qu'en est-il si l'invocation des parents est contre leur enfant ? » Il répondit : « c'est pour lui son anéantissement. » c.-à-d. sa perte.

Le droit de la mère sur son fils est énorme et de grande importance. Il n'a pas à l'appeler par son prénom, mais il doit l'appeler par les noms qu'elle aime ou par son surnom (Oumm untel). Ne t'assieds pas avant elle et ne marche pas devant elle. Accueille-la avec un visage rayonnant, embrasse-lui la tête et baise-lui la main. Lorsque tu l'enjoins à faire une chose, fais-le correctement sans la blesser. Réponds à son invitation lorsqu'elle t'invite sans éprouver la moindre lassitude ou la moindre répugnance. Parle-lui avec douceur, nourris-la lorsqu'elle a faim et empresse-toi de lui ramener toutes les bonnes choses qu'elle désire. Donne-lui ce qu'elle souhaite avant même qu'elle ne le demande et informe-toi de ce qu'elle aime pour le lui apporter. Sois pour elle un servant obéissant. Obéis-lui tant que cela n'induit pas un péché. Ne la devance pas en mangeant ou en buvant. Réjouis-la en invoquant pour elle la miséricorde et le pardon pendant la nuit et aux extrémités du jour. Ne tiens pas compte de ses fautes et ses faux pas. Ne parle d'elle à quiconque d'un ton plaintif ou outrageant et n'exprime à quiconque ce qui te chagrine à son sujet. Fais-lui plaisir et respecte-la. Ne t'enorgueillis pas face à elle, car tu étais à l'intérieur de ses entrailles et tu étais entre ses mains. Rends-la heureuse et entretiens un bon comportement avec elle. Enfin, demande qu'elle invoque Allah pour toi, car les portes du ciel s'ouvrent pour ce genre d'invocation.


Louange à Allah, et que la paix et sa bénédiction soient accordées à Son Prophète Muhammad, ainsi qu'à sa famille et ses compagnons et tous ceux qui les ont suivis de la meilleure manière...

# Posté le lundi 26 novembre 2007 03:27

Modifié le lundi 26 novembre 2007 04:07