Le fait de vanter ses propres origines

Q : Certains considèrent que le fait de vanter ses propres origines est une chose louable ; ils avancent comme preuve le verset :









« C'est Lui qui a fait de vous les successeurs sur terre et qui vous a élevés, en rangs, les uns au-dessus des autres »[1],



ainsi que le hadith où le Prophète, prière et salut d'Allah sur lui :



« Allah a élu, parmi les fils d'Ibrâhîm (Abraham), Ismaël. Et il a élu, parmi les descendants d'Ismaël, la branche de Kinâna ; et parmi les descendant s de Kinâna, la branche de Quraysh. Enfin, il a élu, parmi les membres de Quraysh, les descendants de Hâshim, et m'a élu, moi-même, parmi ces derniers. »[2]



Quel est votre avis ? Veuillez nous répondre, qu'Allah vous récompense.



R : Ceci n'est pas toujours vrai, car le fait de s'enorgueillir sur la base de ses origines seulement n'est pas autorisé. En effet, le Prophète, prière et salut d'Allah sur lui, a dit :

« Que ceux qui s'enorgueillissent de leurs ancêtres cessent de le faire, ou alors ils seront plus vils auprès d'Allah que le scarabée qui roule sa crotte de son propre museau. »[3]


Le fait de vanter ses origines est, d'autre part, une chose héritée de la période pré-islamique. Le Prophète, prière et salut d'Allah sur lui, a dit :


« Allah a interdit et annulé les injures de la période pré-islamique, ainsi que le fait de s'enorgueillir de ses ancêtres. Toute personne est soit pieuse et croyante, soit déviée et perverse, et tous les êtres humains sont les descendants d'Adam ; or, Adam a été créé à partir de terre. »[4]





Le Prophète, prière et salut d'Allah sur lui, a dit aussi :


« Quatre choses que l'on retrouve dans ma communauté sont des choses de la période pré-islamique qu'ils n'ont pas délaissées : insulter les origines de la personne, l'orgueil des gens de haut rang, la croyance en la relation des astres avec la tombée de la pluie et le fait de pleurer (à voix haute) les morts. »[5]

Ces hadiths critiquent le fait de s'enorgueillir de son rang. En effet, la valeur de la personne est basée sur ses actes, et la noblesse de ses aïeuls ne lui profite en rien, ainsi qu'a dit le poète :


Si, de la noblesse de tes aïeux


Tu t'enorgueillis et est enchanté


Nous clamons : Oui, mais à nos yeux


Bien vil est ce qu'ils ont enfanté


Le Prophète, prière et salut d'Allah sur lui, a dit d'autre part :



« Ceux que les œuvres ont retardé, ce ne sont pas leurs origines qui les feront avancer. »[6]





Quant au verset coranique cité dans la question, il signifie qu'Allah élève certaines personnes au-dessus d'autres, sur terre et dans l'au-delà, en les favorisant en science, dans l'abstinence des choses de ce monde (Zuhd), la générosité, le courage, ou toute autre chose, ainsi qu'Il a dit dans le verset :








« Allah élèvera en degrés ceux d'entre vous qui auront cru et ceux qui auront reçu le savoir. »[7]



Concernant le hadith cité, il signifie qu'Allah a élu notre Prophète, prière et salut d'Allah sur lui, d'entre tous les arabes célèbres et nobles, afin que cela soit un appui moral et que cela encourage les gens à croire en son message et à le suivre. En effet, le fait de savoir qu'il est issu d'une tribu connue, importante et puissante, fait de lui une personne digne de confiance et digne d'être cru. Cet honneur, qui lui a profité, n'a pourtant été d'aucun profit à ceux de sa tribu qui ont refusé de le suivre, parmi lesquels ses oncles, comme Abû Lahab qu'Allah cite dans le verset :








« Que les deux mains d'Abû Lahab et que lui-même périsse. »[8]




Un poète en a aussi parlé en disant :



Par Allah, l'homme n'est en somme rien


S'il ne s'attache pas à l'islam, Sa religion


Ne t'éloigne donc pas de la piété et du bien


Croyant de ton rang profiter sans raison


Ne vois-tu pas que Salmân, le perse Compagnon


S'éleva, quand avec l'islam il fit lien.


Mais, Abû Lahab qui à Allah attribua association


Fut avili, et le malheur fut sien.




Allah est le Plus Savant, et la prière et le salut sur sont notre Prophète Muhammad, ainsi que sur ses Compagnons et ses proches.



Fatwa émise et signée par cheikh 'Abdullah ibn 'Abdir-Rahmân Ibn Jibrîn, et datée du 29/10/1420 H





--------------------------------------------------------------------------------

[1] Les Bestiaux, v.165.

[2] Rapporté par Ahmad (n° 16539), et At-Tirmidhî dans le livre des vertus (n° 3606); ce dernier l'a jugé Hassan Sahîh. En outre, un autre hadith rapporté par l'imam Muslim appuie son sens.

[3] Rapporté par At-Tirmidhî dans le livre des vertus (n° 3955).

[4] Rapporté par Abû Dâwûd dans le chapitre du comportement (n° 5116) et At-Tirmidhî dans le livre des vertus (n°3955).

[5] Rapporté par Muslim dans le chapitre des rites funéraires (n° 934).

[6] Rapporté par Muslim (n°3699).

[7] La Discussion, v. 11.

[8] Les Fibres, v. 1.

# Posté le jeudi 20 décembre 2007 16:30

L'adoration lorsqu'elle est touchée par l'ostentation

Q : On a posé la question suivante au cheikh – qu'Allah élève son degré au niveau des biens guidés : qu'en est-il de l'adoration lorsqu'elle est touchée par de l'ostentation ?

.

.



R : Il a répondu : l'adoration peut être touchée par l'ostentation de trois manières :



Première situation : Lorsque, à la base, le but de l'adoration est le désir d'être vu par les gens, comme une personne qui prierait Allah afin que les gens le voient et lui fasse des compliments pour sa prière. Cela annule l'adoration.



Deuxième situation : Lorsque l'ostentation apparaît en cours d'adoration, dans le sens où le but premier de l'adoration était la sincérité pour Allah, puis l'ostentation est apparue pendant l'adoration. Dans cette situation, deux cas se présentent :



§ Premier cas : Lorsqu'il n'y a pas de lien entre le début de l'adoration et sa fin. Son début est donc valide et sa fin est invalide. Donnons un exemple : un homme possède 100 riyals qu'il veut donner en aumône. Il en donne 50 avec une intention sincère, puis l'ostentation apparaît lorsqu'il donne les 50 riyals restants. Les 50 premiers riyals sont donc une aumône valable et acceptée, quant aux 50 autres, c'est une aumône nulle car l'ostentation s'est mélangée à la sincérité.



§ Second cas : Lorsqu'il y a un lien entre le début de l'adoration et sa fin, dans cette situation, deux éventualités se présentent :



1. Première éventualité : La personne rejette l'ostentation et ne s'en accommode pas. Elle veut plutôt s'en débarrasser et la déteste... L'ostentation n'aura alors aucun effet négatif (sur la récompense espérée), car le Prophète, prière et salut d'Allah sur lui, a dit :



« Allah a pardonné à ma communauté toute pensée pouvant occuper son esprit, tant qu'elle n'est pas mise en pratique ou déclarée. »[1]



2. Seconde éventualité : La personne s'accommode de cette ostentation et ne la rejette pas. Dans ce cas, toute l'adoration est annulée, car son commencement est lié à sa fin. Donnons un exemple : une personne commence sa prière avec l'intention sincère de la faire pour Allah le Très-Haut, puis l'ostentation fait son apparition dans la seconde unité de prière (Rak'a). Dans ce cas, toute la prière est nulle, car il existe un lien entre le début et la fin de cette adoration.



Troisième situation : L'ostentation fait son apparition après la fin de l'adoration. Dans ce cas, l'ostentation n'a aucun effet sur l'adoration et ne l'annule pas, car cette dernière s'est terminée complète et valide. Elle ne peut donc être gâtée par l'apparition de l'ostentation peu après. Le fait que le musulman se réjouisse du fait que les gens savent qu'il a accompli telle ou telle adoration n'est pas de l'ostentation, car cela est arrivé après l'adoration. De même, la joie qu'éprouve le musulman à accomplir une adoration n'est pas de l'ostentation. C'est plutôt une preuve de sa foi. Le Prophète, prière et salut d'Allah sur lui, a dit :



« Quiconque se réjouit d'accomplir une bonne œuvre, et s'attriste à l'idée d'avoir accompli des péchés, le voilà le vrai croyant. »[2]



Cette question[3] a été posée au Prophète, prière et salut d'Allah sur lui, qui a dit :



« C'est la récompense prématurée du croyant. »

.

Fatwa de Cheikh Otheimine
Fatâwâ-l-'Aqîda, pages 200 et 201.












--------------------------------------------------------------------------------

[1] Rapporté par Al-Bukhârî, chapitre du divorce, n°5269 et Muslim, chapitre de la foi, n°127.

[2] Rapporté par At-Tirmidhî, chapitre des troubles, n°2165 et Ahmad (1/26).

[3] Concernant le fait de se réjouir d'avoir accompli une bonne œuvre.

# Posté le mardi 18 décembre 2007 06:17

Quel est le regard de la religion sur le fait de penser au péché sans le commettre

Q : Quel est le regard de la religion sur le fait de penser au péché sans le commettre, comme voler ou commettre l'adultère, en sachant qu'on ne le commettra pas, même si on en a les moyens ?



R : Tout ce qui passe par l'esprit de l'homme et concerne les idées mauvaises, comme l'adultère, le vol, le fait de boire du vin ou autre, mais n'est pas commis, ne sera pas compté, conformément aux hadiths du Prophète, prière et salut d'Allah sur lui :



« Allah ne punit pas ma communauté pour les idées qui lui effleurent l'esprit, si elle ne les commet pas ou n'en parle pas » [1] et « Quiconque pense à une mauvaise action sans la commettre, alors cette mauvaise action ne sera pas écrite. »[2]



Dans une autre variante rapportée par Al-Bukhârî et Muslim, selon Ibn cAbbâs, qu'Allah les agrée :



« Elle sera comptée comme une bonne action car elle a été délaissée par crainte pour Moi. »[3]



Le sens est donc que celui qui n'exécute pas une mauvaise action par crainte d'Allah, cela lui sera compté comme une bonne action. S'il la délaisse pour d'autres raisons, elle ne sera comptée ni comme bonne action, ni comme mauvaise. Ceci fait partie de la bonté d'Allah et de Sa miséricorde envers Ses serviteurs. Nous Le louons et Le remercions pour cela et il n'y a pas de divinité [digne d'adoration] autre que Lui, ni de Seigneur qui Lui soit égal.

.

Fatwa de cheikh Ben Baz.
Recueil de Fatwas et d'Articles Divers, tome 5, page 424



--------------------------------------------------------------------------------

[1] Al-Bukhârî dans le chapitre du divorce (5269), Muslim dans le chapitre de la foi (127).

[2] Hadith selon Ibn cAbbâs, qu'Allah les agrée : Al-Bukhârî dans les paroles qui adoucissent les cœurs (6491), Muslim dans le chapitre de la foi (131).

[3] Muslim dans le chapitre de la foi (129) selon le hadith d'Abû Hurayra.

# Posté le mardi 18 décembre 2007 06:07

Le mérite du Jour de 'Arafa

Selon le communiqué officiel de la Cour Suprême de Justice confirmant le début du mois, le 1er du mois de Dhul-Hijja correspond au lundi 10 Décembre 2007 et le jour d'Arafat, au mardi 18 décembre 2007. Par conséquent, le jour de l'Aïd sera le mercredi 19 Décembre 2007. InchaAllah !

N'oublions pas de jeûne demain (18 déc 07)


Le mérite du Jour de 'Arafa
Oumar ibn al-Khattâb (Radhiallâhu 'anhu) a rapporté qu'un juif lui avait dit :


O Commandeur des croyants ! Vous lisez dans votre livre qu'un verset que nous célébrions s'il nous avait été destiné !


« De quel verset s'agit-il » dit 'Oumar.


« C'est : « Aujourd'hui, J' ai parachevé pour vous votre religion, et accompli sur vous Mon bienfait. Et J' agrée l' Islâm comme religion pour vous. » [1]


Oumar dit :


« Nous connaissons le jour et le lieu de révélation de ce verset au Prophète (sallallahu 'alayhi wa sallam). C'était un vendredi au cours duquel il s'était stationné à 'Arafa. »


Le Prophète (sallallahu 'alayhi wa sallam) a dit :


« Les journées d'Arafa, du sacrifice et les trois journées suivantes constituent un temps de fête pour nous, Musulmans, des journées où l'on mange et boit [à satiété] » [2].


'Oumar Ibn al-Khattâb (Radhiallâhu 'anhu) a dit :


« Ce verset a été révélé un vendredi à Arafa . Or ces deux circonstances sont fêtées par nous ».


Allâh - Ta'âla - dit : « et par le jour promis ! » [3]


D'après Abû Hurayrah, le jour promis est le jour de la Résurrection et le jour bien attesté est le jour d'Arafa et le jour témoin est le vendredi. [4]


C'est le Witr par lequel Allâh a juré dans Sa parole : « Par le pair et l' impair ! » [5]

Ibn 'Abbas (Radhiallâhu 'anhu) dit : ach-chaf' signifie le jour du sacrifice et al-witr le jour d'Arafa C'est également l'opinion d'Ikrima et Ad-Dhahhak.


D'après Abû Qatada (Rahimahullâh), le Messager d'Allâh (sallallahu 'alayhi wa sallam) a été interrogé à propos du Jeûne du jour d'Arafa et il en a dit :


« Il expie les péchés de l'année précédente et ceux de l'année suivante » [6]


D'après Ibn Abbas (radhiallâhu 'anhu), le Messager d'Allâh (sallallahu 'alayhi wa sallam) a dit :


Certes Allâh a reçu l'engagement à partir du dos d'Adam à Nou'man. C'est-à-dire 'Arafa, il a fait sortir de ses entrailles toute sa progéniture qu'Il avait créé et les a éparpillées entre Ses mains telles des fourmis et leur a adressé cette parole : « Et quand ton Seigneur tira une descendance des reins des fils d' Adam et les fit témoigner sur eux-mêmes : « Ne suis-Je pas votre Seigneur ? »


Ils répondirent :


"Mais si, nous en témoignons..." - afin que vous ne disiez point, au Jour de la Résurrection : "Vraiment, nous n' y avons pas fait attention", ou que vous auriez dit [tout simplement] : "Nos ancêtres autrefois donnaient des associés à Allâh et nous sommes leurs descendants, après eux. Vas- Tu nous détruire pour ce qu' ont fait les imposteurs ?" » [7] [8]

Dans le Sahîh de Muslim, 'Aïcha (radhiallâhu 'anha) rapporte que le Prophète (sallallahu 'alayhi wa sallam) a dit :


« Il n'est pas de jour pendant lequel Allâh affranchi plus d'esclaves que le jour d'Arafa. En effet, Il s'approche et se montre devant les anges fiers de l'état des gens et leur dit : que veulent ceux-là ? »


D'après Ibn Oumar, le Prophète (sallallahu 'alayhi wa sallam) a dit :


« Certes le Très Haut se montre fier devant les anges au soir du jour d' Arafa à cause de l'état des gens rassemblés à 'Arafa et il dit : « Regardez mes serviteurs, ils sont venus vers moi couverts de poussière et les cheveux en bataille. » [9]


................................................
[1] Coran, 5/3


[2] Rapporté par les auteurs des Sounans


[3] Coran, 85/3


[4] Rapporté par at-Tirmidhi et jugé « beau » par SHeikh al-Albânî


[5] Coran, 89/3


[6] Rapporté par Muslim


[7] Coran, 7/172-173


[8] Rapporté par Ahmad et jugé sahîh par SHeikh al-Albânî


[9] Rapporté par Ahmad et déclaré sahîh par SHeikh al-Albânî


http://www.manhajulhaqq.com/spip.php?article41



--------------------------------------------------------------------------------


Q : Quel est l'avis juridique concernant le jeûne du jour de Arafat pour celui qui accomplit le pèlerinage et celui qui ne l'accomplit pas ?

R : Jeûner le jour de Arafat (9ème jour du mois de dhoul-hijja) est une tradition prophétique fortement conseillée. En effet, on interrogea le Prophète (Que la prière et le salut d'Allah soient sur lui) au sujet du jeûne le jour de Arafat, il répondit :

« Je compte sur Allah pour qu'il expie les péchés de l'année antérieure et l'année à venir »

et on trouve dans une autre version :



« Qu'il expie l'année passée et celle qui reste à venir. »



Par contre, le pèlerin n'a pas à jeûner ce jour-là, car le Prophète (Que la prière et le salut d'Allah soient sur lui) n'a pas jeûné le jour de Arafat lors du pèlerinage d'adieu. À ce sujet, on trouve dans le recueil authentique de Boukhâry selon Maïmouna (qu'Allah l'agréée) qui raconte le doute qui s'est emparé des gens au sujet du jeûne du Prophète (Que la prière et le salut d'Allah soient sur lui) le jour de Arafat. (Pour fermer la porte à d'éventuels doutes) elle lui fit parvenir un verre de lait pendant qu'il se tenait debout dans Arafat, il le but sous la contemplation de tous les gens.

· Fatwa du cheikh Otheimine tirée de son recueil de fatwas

· Tome 20, page 46, question 404

# Posté le lundi 17 décembre 2007 18:45